Belgique: la nomination du nouvel évêque de Namur contestée (070491)
Bruxelles, 7avril(APIC) Lieu privilégié d’expression des laïcs catholiques en Wallonie et à Bruxelles, le Conseil Général de l’Apostolat des
Laïcs (CGAL) vient de rendre publique la déclaration de son Assemblée générale du 2 mars dernier, à propos de la désignation du nouvel évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard. Le CGAl dit franchement sa désapprobation
sur cette nomination et va jusqu’à "s’interroger sur la manière dont le pape met en oeuvre sa mission fondamentale qui est d’être au service de la
communion". Mais il veut aussi rester fidèle à ses tâches prioritaires. Au
delà des tentations d’opposition et de passivité, il veut trouver "le chemin du dialogue et de l’audace évangélique".
La déclaration rappelle d’abord qu’en 1989, le Comité du CGAL avait déjà
publiquement manifesté son inquiétude à propos de certaines interventions
de la Curie romaine, et notamment, lors de nominations épiscopales.
"Après la désignation du nouvel évêque de Namur, nous ne pouvons taire
nos interrogations et notre désarroi. Nous avons la conviction qu’il n’a
pas été tenu compte de ce que la consultation avait révélé comme souhaits,
réticences et refus dans l’ensemble de la communauté ecclésiale. A nos
yeux, ce ne sont pas de simples rumeurs, mais bien des publications et des
prises de position de l’abbé Léonard qui justifient une large opposition à
sa désignation comme évêque", poursuit la déclaration.
Les laïcs de Wallonie et de Bruxelles estiment qu’on ne les a pas pris
au sérieux: "Comme laïcs loyalement engagés dans l’Eglise au service de
l’Eglise, nous avons le sentiment pénible de ne pas avoir été écoutés dans
la procédure ayant abouti à la nomination d’une personnalité contestée.
Comment, dans ces conditions, ne pas être tentés par le découragement ou la
révolte ?". Par ailleurs, ajoutent-ils, "le diocèse de Namur vivait jusqu’à
présent, non sans tensions, mais dans la paix. Nous constatons qu’il connaît aujourd’hui un trouble profond".
Le CGAL n’hésite pas à poser cette question importante: "Nous nous interrogeons dès lors sur la manière dont le pape met en oeuvre sa mission
fondamentale qui est d’être au service de la communion. Nous pensons aussi
qu’une telle décision heurte de plein fouet notre culture et blesse de nombreux coyants: l’exercice de l’autorité dans l’Eglise catholique peut-il
ignorer les aspirations profondes du monde moderne pour des pratiques de
concertation, d’écoute et de dialogue"?
La déclaration se termine sur une note d’espérance sans vouloir édulcorer pourtant ce qui devait être dit: "Malgré tout, nous voulons garder foi
en l’Eglise, peuple de Dieu en marche. Ces événements difficiles, nous les
portons ensemble dans la foi et donc dans l’espérance. ’Dieu écrit droit
avec des lignes courbes’. Si nous nous exprimons publiquement aujourd’hui ,
c’est parce que nous avons été interpellés par de nombreuses personnes. A
tous ceux et à toutes celles qui sont choqués par ce qui se passe, nous
voulons dire une parole de paix et d’espérance sans pour autant taire la
vérité de ce qui se vit".
Lors de l’Assemblée générale du CGAL, le 2 mars dernier, une résolution
avait été adoptée à la quasi-unanimité (trois abstentions seulement) pour
que le Comité fasse des démarches auprès du cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, du nonce apostolique et du nouvel évêque, au
sujet de la nomination contestée de l’évêque de Namur. L’Assemblée s’était
aussi prononcée à une large majorité (4 non et 4 abstentions) pour que le
Comité rende publique, au début avril, une déclaration sur les questions
que se posent les laïcs de la Wallonie et de Bruxelles au sujet de cette
nomination mal acceptée. Il fallait cependant que le contenu de cette déclaration (celle publiée ci-dessus) reçoive au préalable l’approbation minimale des deux tiers des voix. Cette condition avait reçu l’aval de l’Assemblée: seulement 3 non et 7 abstentions sur une septantaine de votants.
(apic/cip/ba)