décerne son premier prix de la paix à Helen Mack Chang
Anvers, 5mai(APIC) L’hebdomadaire catholique flamand "Kerk en Leven", qui
a décidé de décerner chaque année un prix de la paix à une personnalité
élue par les lecteurs, vient pour la première fois d’attribuer son prix à
la Guatémaltèque Helen Mack Chang. Ce prix, d’une valeur minimum de 100’000
FB (moins de 4’000 francs suisses), est destiné à exprimer la reconnaissance et l’encouragement de toute la communauté catholique en Flandre, oû
l’hebdomadaire paroissial "Kerk en Leven" ("Eglise et Vie") est tiré à
715’000 exemplaires.
Helen Mack Chang, anthropologue, fut lauréate en 1992 du prix Nobel alternatif "Right Livelihood", qui récompensa son combat pacifique contre la
dictature militaire au Guatemala.
"Kerk en Leven" avaient invité ses lecteurs, fin 1992, à proposer leurs
candidats au prix de la paix. Un bon millier de réponses sont parvenues à
l’hebdomadaire. Un jury présidé par Mgr Arthur Luysterman, évêque de Gand,
et composé de spécialistes en politique internationale, de représentants
d’organisations sociales et de membres de la rédaction de l’hebdomadaire, a
nominé cinq personnes. Mack chang a finalement recueilli les voix de près
d’un tiers des lecteurs.
Le prix de la paix est financé grâce aux intérêts d’un capital de deux
millions de FB légué par un fidèle du diocèse de Gand. Mais les lecteurs
peuvent en majorer le montant par leurs propres dons.
Un combat pour la démocratie
Depuis que sa soeur Myrna a été assassinée en 1990, Helen Mack Chang est
devenue un symbole pour des milliers de Guatémaltèques qui s’efforcent de
combattre chez eux l’impunité accordée aux responsables de l’ancien régime.
Mais le drame familial ne suffit pas à expliquer l’opiniâtreté de la lauréate à poursuivre les assassins et leurs commanditaires. Car elle se bat
d’abord au nom de la vérité et de la justice et en vue de bâtir la démocratie. Sa lutte pacifique n’est pas sans risque: plusieurs personnes de son
entourage sont mortes assassinées. "C’est donc que ce combat en vaut la
peine", dit-elle.
Savoir que bien d’autres de ses concitoyens ont vécu une expérience analogue a poussé Helen Mack Chang à étendre son combat. En collaboration avec
le Bureau de l’Eglise catholique pour les droits de l’Homme, elle travaille
à un programme d’études pour juges, avocats, spécialistes de différentes
disciplines, mais aussi pour des citoyens ordinaires. Une fondation Myrna
Mack est chargée depuis juillet dernier de la gestion de ce programme. Et
une nouvelle initiative vient de voir le jour: la constitution d’une équipe
de spécialistes de la médecine légale pour enquêter sur les nombreux cas de
"disparitions" non encore élucidés au Guatemala. (apic/cip/cb)