Belgique: l’Eglise, la mission et les jeunes (100989)
Malmédy, 10septembre(APIC) La Fédération internationale catholique des
organisations missionnaires pour jeunes (FICOM-J) a réuni du 1er au 5 septembre, à Malmédy (Belgique), des représentants de sept pays pour étudier
des problèmes spécifiques à la mission des Eglises en Afrique ainsi que des
perspectives d’avenir de la Fédération elle-même. Parmi les pays représentés à Malmédy figuraient la Belgique, l’Espagne, la France, le Cameroun, la
Bolivie, le Mexique et le Canada.
C’est le Québec qui, en 1981, a été à l’origine de la FICOM-J, dont les
cinq premiers membres ont voulu se donner une plate-forme de concertation
pour promouvoir l’intérêt des jeunes pour la mission dans l’Eglise, et auprès des jeunes eux-même. Douze pays membres et autant d’observateurs adhèrent aujourd’hui à la FICOM-J. Celle-ci n’organise pas de campagne missionnaire, mais favorise aux plans national et local la création de groupes
d’évangélisation dans les écoles et plus largement parmi les jeunes, dans
le but de les éveiller à une ouverture et une solidarité universelle ainsi
qu’à une capacité de rencontrer les autres dans leurs différences.
L’Afrique entre hier et demain
Dans son exposé, qui a donné le ton général aux travaux des délégués de
la FICOM-J à Malmédy, Maurice Cheza, professeur de missiologie à Louvainla-Neuve, a parlé de l’Afrique entre hier et demain. Il a ramené d’un récent voyage au Zaïre un double constat dont il a tiré une série de questions. Maurice Cheza a été frappé par la grande pauvreté, et même par la
lutte pour la survie, mais aussi par la présence d’une religiosité très vivante, qui s’exprime sous des formes diverses, tant dans l’Eglise catholique que dans de multiples mouvements religieux afro-chrétiens. Le contraste
était donc évident avec l’Occident, où le spectacle de la richesse est davantage répandu et où s’affirme aussi la sécularisation.
Une première question soulevée par ce contraste concerne le rôle même de
la religion: est-elle à même d’entraîner une transformation de la société,
où bien crée-t-elle une diversion par rapport aux situations sociales? En
fait, au Zaïre, malgré des ambiguïté, l’Eglise apparaît d’abord comme un
lieu et un "réservoir" d’engagements en vue d’accroître la moralité dans le
pays, a souligné Maurice Cheza.
Le nombre élevé des vocations sacerdotales au Zaïre est, pour une part,
lié à ce contexte, mais s’explique par une série de facteurs. Au milieu des
années 70, les mesures répressives prises par le régime zaïrois contre
l’Eglise ont eu pour effet de renforcer la vitalité multiforme de celle-ci.
On a vu se constituer et se multiplier des communautés ecclésiales
vivantes, misant sur une fraternité plus directe entre les chrétiens. Et
les vocations sacerdotales, jadis confinées dans les Petits Séminaires, se
sont mis à éclore un peu partout. Des groupes d’accompagnement approprié
ont favorisé la maturation de ces vocations, non seulement chez les
candidats au sacerdoce, mais aussi chez les candidats à la vie religieuse.
Quant à dire que des jeunes trouvent dans le sacerdoce un moyen de promotion sociale, Maurice Cheza ne le nie pas, mais ajoute: "est-il anormal
qu’un prêtre trouve à s’épanouir dans un contexte social donné? Par ailleurs, porter un soupçon sur les futurs ou les jeunes prêtres zaïrois ne
serait pas reconnaître le sens qu’ils donnent à leur engagement, à savoir
de servir leurs frères dans un des lieux majeurs où cela est possible".
Juste avant d’évoquer le futur Synode des évêques africains, Maurice
Cheza a insisté sur les difficultés matérielles des jeunes Eglises, alors
que leur autofinancement serait une condition nécessaire pour ne plus vivre
dans la dépendance à l’égard des Eglises donatrices. Ceci, a-t-il conclu,
relance une question plus globale: l’intérêt porté à la mission et à d’autres Eglises conduit-il à reconnaître et à rencontrer les autres dans leurs
différences? (apic/cip/pr)