La commission justice et paix réclame "une politique lucide et réaliste"
Bruxelles, 17novembre(APIC) Les chambres constituantes, issues des
prochaines élections du 13 décembre en Belgique, ne pourront pas modifier
l’article 4 de la constitution, de manière à élargir notamment les droits
et devoirs politiques de ceux qu’on appelle "les immigrés". C’est ce que
déplore la Commission francophone "Justice et Paix", dans une déclaration
publiée le 17 novembre et plaidant, à cet égard, "pour une politique lucide
et réaliste".
Par leur refus d’inscrire l’article 4 de la constitution sur la liste
des articles soumis a révision, explique la Commission "Justice et Paix",
les partis de la majorité sortante ont "voulu empêcher que les étrangers,
meme s’ils résident en Belgique depuis de nombreuses années, se voient
octroyer le droit de vote, même au niveau communal , tout au moins pas
avant une nouvelle revision de la constitution".
"Ce refus, passé quasi inapercu dans l’opinion publique, est grave, insiste la commission. Il révéle une attitude réticente, voire négative, visa-vis de l’insertion des non-belges dans notre societé. "
Un choix éthique fondamental
"Les immigrés constituent - que nous le voulions ou non - une composante
définitive de notre société européenne, observe-t-on à "Justice et Paix".
Leur présence, depuis deux et bientot trois générations, confronte notre
pays, comme l’ensemble de l’Europe, à un choix politique, et donc éthique,
fondamental."
Ce choix, la commission le formule de la maniere suivante : "allons-nous
continuer a maintenir ces populations - et leurs jeunes en particulier dans une situation marginale ? Ou sommes-nous décidés à promouvoir la
participation de tous, sur un pied d’égalité à la vie économique, sociale
et politique du pays ?"
"Le pluralisme culturel et religieux, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le
regrette, est également une réalité de faite de notre société, poursuit la
commission. Elle suscite des problèmes concrets de coexistence entre
communautés. Pourquoi ne pas aborder ces problèmes avec lucidité et
courage, en toute clarté, et avec une volonté d’ouverture ? Il ne s’agit
pas de renoncer a nos propres valeurs démocratiques, mais au contraire de
les appliquer."
Droits et devoirs : urgents a définir
Pour la commission Justice et Paix, il devient urgent d’insérer les
immigrés à égalité juridique dans le débat social et politique, "pour
éviter précisément que ne se développent des particularismes minoritaires
"en dehors" ou "face" à la société que l’on veut promouvoir. La commission
considère donc qu’il est urgent de définir en toute clarté les droits, et
aussi les devoirs, que l’on entend réserver aux immigrés, et en particulier
aux jeunes.
Laisser une partie de la population, conclut la commission Justice et
Paix, dans l’illusion qu’un retour des immigrés dans leur pays d’origine
est une solution possible est intellectuellement malhonnête. Il est du
devoir de nos responsables politiques de proposer des solutions concrètes
et de tenir des discours responsables. Laisser pourrir des problèmes n’a
jamais contribué à trouver des solutions meilleures." (apic/cic/bd)