Belgique: l’Afrique du Sud au coeur de la Campagne de Carême (230393)
Bruxelles, 23mars(APIC) La communauté internationale doit faire plus pour
faire avancer le processus démocratique en Afrique du Sud. Et les Eglises
doivent déléguer davantage d’observateurs pour rendre témoignage des conditions de vie de la population noire, des violences et des injustices. Ces
souhaits, Mme Ntomb’ Futhi Zondo, chargée d’un programme d’éducation à la
démocratie à Durban, en Afrique du Sud, les a exprimés dans le cadre des
conférences du Carême de partage en Belgique.
L’invitée sud-africaine d’"Entraide et Fraternité", qui travaille au
sein d’une organisation locale oecuménique, "Diaconia", est active dans la
région du Natal, où vit un quart de la population du pays, là où l’Action
de Carême belge est particulièrement présente. Son engagement contre
l’apartheid, elle l’a payé de deux ans de prison.
Durban, 5 millions d’habitants. Avec ses terribles contrastes de ville
sud-africaine: les quartiers riches... et ceux des miséreux. Les uns pour
les blancs, les autres pour les noirs. Les logements manquent... La plupart
des "townships" des Noirs sont à l’état de bidonvilles, sans service urbain. Les écoles manquent. On n’hésite pas à regrouper les élèves par dizaines dans des locaux trop exigus.
Quand ils ont un emploi - ce qui n’est vrai que pour 40% d’entre eux -,
les Noirs du Natal travaillent dans des fermes dont les propriétaires
blancs sont souvent affiliés au parti d’extrême droite. Le travail des animateurs de Diaconia passe notamment par les centres que l’organisation a
multipliés à travers la province, tantôt dans des locaux prêtés par une
Eglise, tantôt dans des abris ou même un container installé en pleine campagne. Jour après jour, des dizaines de personnes viennent demander une aide pour un logement, un travail, une indemnité de survie, pour dénoncer une
agression ou un massacre dont des membres de la famille voire des amis ont
été victimes.
"Le gouvernement de Pretoria, commente l’invitée d’"Entraide et Fraternité", veut faire croire au monde que ce sont les Noirs qui se battent entre eux. En réalité, c’est le gouvernement lui-même qui utilise le mouvement Inkata pour combattre l’ANC. L’oratrice sait de quoi elle parle: l’organisation qu’elle anime mène ses propres enquêtes pour dénoncer les violences quotidiennes par le biais de rapports transmis à la Commission des
droits de l’homme.
Mme Ntomb’ Futhi Zondo ne se contente pas de dénoncer les injustices.
Elle réclame davantage d’implication de la part de la communauté internationale et des Eglises, et surtout des mesures pour tenter d’éliminer la
violence et l’apartheid. D’où son souhait de voir plus nombreux les observateurs délégués par les différentes Eglises - catholique entre autres -,
et son appel afin que se multiplient les interventions de la communauté internationale et de l’ONU, notamment: "Il ne suffit pas d’enregistrer les
faits de violence et d’en faire un rapport". (apic/cip/pr)