Belgique: il y a 4 ans, le père Gillard était assassiné en Colombie(100489)
Bruxelles, 10avril(APIC/CIP) Le 10 avril 1985, un religieux assomptionniste d’origine limbourgeoise (Belgique), le père Daniel Gillard, était abattu dans une rue de Cali (Colombie) par une patrouille militaire colombienne. Quatre ans plus tard, la lumière n’est toujours pas faite sur ce drame,
sont venus dire à Bruxelles la famille et les amis du Père Gillard, qui ont
manifesté lundi 10 avril devant le ministère des Relations extérieures.
Le religieux belge avait consacré plus de 20 ans à un travail de promotion humaine des habitants des bidonvilles, lorsqu’il fut assassiné avec la
complicité des services de sécurité colombienne, rappellent aujourd’hui les
proches du Père Gillard. Or, il y a deux mois, la famille a été informée
par l’ambassade de Colombie à Bruxelles que le major général Gonzales Prado
avait ordonné la cessation de toute poursuite contre les militaires impliqués dans l’assassinat du Père Gillard.
"Que le commandant des militaires inculpés décide de classer le dossier
sans suite, voilà qui viole un principe de droit élémentaire, selon lequel
nul ne peut être juge et partie", disent aujourd’hui la famille et les amis
du Père Gillard, appuyés par une quinzaine d’organisations, dont la Commission flamande Justice et Paix et le mouvement Pax Christi, lors de la manifestation silencieuse entreprise lundi 10 avril devant le ministère des Relations extérieures, avant de remettre une lettre au ministre belge Leo
Tindemans.
Les manifestants ont demandé au ministre belge d’adresser une protestation officielle auprès des autorités colombiennes, en raison de l’assassinat de Daniel Gillard et de l’impunité dont jouissent aujourd’hui les auteurs de ce crime. Ils ont en outre insisté auprès de Leo Tindemans pour
qu’il réclame officiellement une réouverture du dossier et une poursuite de
l’action judiciaire qui respecte les principes du droit colombien.
Les proches et sympathisants du Père Gillard ont appris, par la Commission catholique Justice et Paix à Bogota, qu’il y avait eu, au cours de la
seule année 1988, au moins 210 cas de disparitiona, 2.712 assassinats politiques et plus de 60 massacres d’au moins 4 personnes. Dans nombre d’assassinats, l’implication des militaires a été démontrée par diverses instances
internationales. Or c’est à cette armée colombienne, dénoncent aujourd’hui
les amis du Père Gillard, que la Belgique a encore vendu, en 1987, pour un
montant de 50 millions de FB (2 millions de francs) de munitions et d’armes
légères. En ce sens, la lettre remise au ministre Tindemans demande au gouvernement belge d’interdire toute vente d’armes à la Colombie.
(apic/cip/pr)