Les lecteurs du magazine "L’Appel" y sont favorables
Bruxelles, 17septembre(APIC) Plus de 10’000 personnes ont répondu à l’enquête que le magazine "L’Appel" a lancé avant l’été auprès des catholiques
francophones de Belgique. Les répondants, en grande majorité, se prononcent
favorablement à la question de savoir si les laïcs peuvent devenir responsables d’une paroisse et se déclarent en faveur de l’ordination sacerdotale
d’hommes mariés.
C’est la première fois depuis très longtemps qu’une enquête aussi vaste
est entreprise sur pareil sujet. La rédaction de "L’Appel" annonce qu’elle
a recueilli trois fois plus de réponses qu’elle n’en espérait. Et des réponses souvent étonnantes, par leur ouverture massive et convergente sur le
rôle des laïcs et sur l’évolution du statut du prêtre.
D’après le magazine, bien que l’enquête n’ait pas été effectuée sur la
base d’un échantillonage "scientifiquement représentatif" des chrétiens
wallons et bruxellois, les 10’137 réponses que la revue a reçues, après une
large diffusion d’un questionnaire, valent une vaste consultation populaire. Elles émanent , en effet, de chrétiens de divers horizons, dont les
trois quarts participent à la messe dominicale et sont généralement très
actifs dans leur paroisse. Parmi les répondants, la proportion des plus de
44 ans (42 %) est également plus élevée que celle de de 30-44 ans (38 %) et
plus encore que celle des moins de 30 ans (17 %). Bref, le public des répondants semble correspondre d’assez près au public que l’on rencontre dans
les paroisses.
Nouveaux ministères
95 % des chrétiens disent oui aux animateurs laïcs dans l’Eglise, qu’il
s’agisse de visiter les malades, d’animer des liturgies sans prêtres, de la
catéchèse pour enfants et adultes et d’autres tâches pastorales déjà largement pratiquées depuis longtemps dans les paroisses. Le pourcentage des réponses devient plus intéressant au moment oû l’on pose la question: Peut-on
confier aux laïcs non seulement des charges d’animation particulière, mais
carrément la responsabilité de la direction d’une paroisse? 86 % des chrétiens sont toujours d’accord. Fait notoire, les plus favorables (92 % dans
leur catégorie) sont des personnes de plus de 55 ans. Chez les jeunes, pratiquants ou non, un quart des réponses seulement disent oui aux laïcs responsables de paroisses.
Ce type de responsabilité exigerait-il du temps plein ou du temps partiel? Les avis divergent. Il en va de même quant à la nécessité de rétribuer
la fonction. Une hypothèse surtout défendue par les gens de 30 à 55 ans, à
vrai dire les premiers concernés dans la pratique. Néanmoins, trois fois
sur quatre, les chrétiens estiment que de telles responsabilités devraient
être limitées dans le temps. Enfin 86 % des répondants font confiance aussi
bien aux femmes qu’aux hommes pour assumer las responsabilité du gouvernement d’une paroisse.
Prêtres de demain
Bien que dans l’Eglise catholique la question du statut du prêtre soit
davantage discutée que celle des responsabilités à confier aux laïcs, 29 %
des chrétiens seulement sont pour le maintien d’un clergé uniquement célibataire; la plupart (71%) sont favorables à une évolution de l’état civil
des prêtres. conséquence logique que semble imposer aux répondants la difficulté de maintenir la situation actuelle: les trois quarts des catholiques acceptent qu’il y ait des prêtres mariés à côté de prêtres célibataires. Plus précisément, 79% des répondants sont pour l’ordination sacerdotale d’hommes mariés, opinion qui recueille un assentiment dans toutes les
classes d’âges.
On pourrait même envisager l’ordination des femmes, suggèrent 56 % des
réponses. Mais la question reste très controversée: 36 % des avis sont opposés à cette perspective.
Et si des prêtres qui se sont mariés voulaient être réintégrés dans
leurs pleines fonctions sacerdotales? Cette hypothèse, qui aurait paru incongrue il y a 20 ans, recueille aujourd’hui l’adhésion de 71 % des catholiques de Wallonie et de Bruxelles.
Un grand souhait de dialogue
Outre d’autres réponses données, en particulier sur les qualités les
plus importantes que les chrétiens attendent du prêtre et les difficultés
que ce dernier rencontre le plus fréquemment dans son ministère et sa vie
personnelle , cette enquête, à un mois du Synode des évêques sur la formation des prêtres dénote "un immense besoin de dialogue, mais aussi la volonté de beaucoup de laïcs de tirer au clair des problèmes non résolus plutôt que de laisser des questions tabous", affirme Yvon Mors, rédacteur en
chef de "L’Appel".
Les catholiques wallons et bruxellois se montrent très concernés par les
questions touchant l’avenir concret de leurs communautés chrétiennes. "On
les disait timides, réfugiés à l’abri de leur clergé et de leur clocher"?
Les 10’000 chrétiens qui nous ont répondu prouvent le contraire", peut-on
lire dans le numéro de septembre de "L’Appel". (apic/cip/ba)