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    Les paradoxes du chrétien dans une société multiculturelle

    Belgique: Forum européen des laïcs à Anvers (070792)

    Anvers, 7juillet(APIC) "Comment vivre les paradoxes du chrétien dans une

    société multiculturelle?" Tel est le thème du Forum européen des laïcs qui

    se tient cette année à Anvers, où sont rassemblés, depuis le 3 juillet, des

    délégués d’une vingtaine de Comités nationaux de laïcs d’Europe. Le Forum

    européen des laïcs, qui se réunit tous les deux ans depuis 1970, rassemble

    cette année des représentants de plus de 25 pays du continent, non seulement d’Europe occidentale, mais aussi de Bulgarie, de Hongrie et de Slovénie. Le rendez-vous européen des laïcs prendra fin le 8 juillet, avec une

    eucharistie célébrée par le cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles.

    Madeleine Rossier, présidente de la Communauté romande de l’apostolat

    des laïcs (CRAL), et Pierre Dufresne, ancien rédacteur en chef du "Courrier" de Genève, participent en tant que délégués de la CRAL à ce Forum européen.

    Bien que le défi multiculturel revête des aspects variés d’un pays à

    l’autre, l’interpellation fondamentale reste la même pour tous, a souligné

    dans son allocution d’ouverture, le président du Forum, l’Autrichien Ernst

    Waldstein. Le caractère multiculturel de la société n’est pas nouveau en

    Europe, a-t-il rappelé. Ce que l’on appelle "culture européenne" résulte,

    en réalité, d’apports culturels forts différents: celtes, romains, grecs,

    latins, germaniques, juifs, chrétiens, et même musulmans. La nouveauté, selon lui, est que tout choc culturel peut menacer l’équilibre toujours provisoire.

    L’indifférence est l’ennemi commun de toutes les cultures

    Le caractère multiculturel de la société européenne doit beaucoup à la

    mobilité croissante des personnes et des peuples. "Mais l’Europe n’est pas

    prête d’accueillir autant d’immigrés qu’elle n’a fourni d’émigrés aux autres continents". Cette mobilité est un défi permanent pour "la sauvegarde

    de notre identité culturelle, sans pour autant nous couper des autres.

    C’est la perte de cette identité qui engendre les problèmes multiculturels,

    et non l’inverse".

    Pour le professeur Johan Verstraeten, de Louvain, la "tolérance", tant

    vantée par la société "moderne, séculière et libérale", repose plutôt sur

    l’indifférence que sur le respect mutuel. Or, l’identité et l’altérité

    s’appellent l’une l’autre au lieu de s’exclure. Car les éléments "autres"

    des autres cultures sont essentiels pour définir la nôtre, et vice-versa.

    "L’indifférence est donc l’ennemi commun de toutes les cultures".

    Tour d’horizon européen

    Un panel réunissant quatre délégués de Comités nationaux de laïcs, a

    permis aux délégués de faire le tour d’horizon de ce qui se vit dans quelques pays européens. Pour Gabriele Erpenbeck (Allemagne), "Le défi culturel

    ne concerne pas seulement les différences religieuses ou ethniques, dont on

    parle en Allemagne par rapport aux Turcs, par exemple. Car ce pays, pour le

    moment, a davantage de problèmes ethniques et religieux avec les anciens

    Allemands de l’Est qu’avec les Turcs!"

    Même son de cloche, du côté de la Belgique. Johan Leman décrit en effet

    le problème des immigrés en Flandre: C’est davantage un problème de répartition de la population autochtone, surtout dans les quartiers pauvres,

    qu’un problème venant des immigrés eux-mêmes". J. Leman mise beaucoup sur

    le dialogue entre chrétiens et musulmans, un dialogue presque inexistant en

    Belgique", regrette-t-il, avant de reprendre l’interrogation de la déléguée

    allemande: "Quelle société multiculturelle voulons-nous? Tant que nous n’en

    avons pas une notion plus claire, la porte reste ouverte aux interprétations les plus sauvages".

    Miklos Tomka, de Hongrie, en sa qualité de sociologue de la religion,

    insiste pour sa part sur les différences sociales et culturelles "qui, pour

    la Hongrie, sont bien plus importantes que la présence d’autres cultures,

    mais qui soulèvent des problèmes semblables". Dans les pays communistes, le

    débat a pris une coloration nationaliste, relève M. Tomka. "Le nationalisme

    en Europe de l’Est semble être le dernier point de repère pour les gens

    qui, depuis la chute du communisme, sont dépourvus de tout repère religieux, culturel, idéologique, politique ou socio-économique". Ce qui, ditil, éclaire les tensions entre catholiques et orthodoxes.

    En Grande-Bretagne, note quant à lui Clinton Bennett, observateur baptiste, le problème concerne essentiellement le dialogue inter-religieux et

    le racisme. "A l’inverse de divers pays du continent, la Grande-Bretagne

    n’a jamais été un pays homogène aux plans religieux et culturel, surtout

    pas à l’époqe de l’empire". Les problèmes multiculturels d’aujourd’hui,

    insite-t-il, "sont surtout liés à nos rapports avec le tiers monde et, dans

    les tensions qui surgissent, la liberté religieuse occupe une place centrale".

    Le Forum clôturera ses travaux le 8 juillet par une série de recommandations formulées par l’ensemble des groupes de travail. (apic/cip/pr)

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