Belgique: Famille et société (241088)
Bruxelles, 24octobre(APIC/CIP) A l’occasion de l’Année de la famille, une
quinzaine d’organisations sociales ont décidé d’unir leur voix pour montrer
combien les familles constituent des lieux vulnérables aux évolutions économiques de la société. Selon les responsables de ces organisations, "c’est
un leurre de croire que les familles peuvent être des lieux d’harmonie dans
une société en déséquilibre".
Ces quinze organisations, dont les préoccupations sont multiples, observent que, si les valeurs familiales semblent effectuer un retour en force,
en revanche, la famille sert d’amortisseur à la crise actuelle. Selon ces
dernières, la famille joue un rôle de "zône tampon face à l’instabilité de
l’environnement socio-économique. Pour sa part, l’Action Vivre Ensemble,
chargée de promouvoir la solidarité des chrétiens avec les plus démunis
constate que c’est la qualité de la famille qui subit les répercussions directes des problèmes économiques de la société.
La crise socio-économique touche profondément les familles les plus
pauvres. Dans leur vie quotidienne, elles doivent affronter des situations
dramatiques. Perte d’emploi, précarité et instabilité des revenus, absence
ou insuffisance de formation professionnelle, faible protection sociale:
c’est ainsi que débute la spirale de la pauvreté. S’y ajoutent régulièrement des problèmes de logement, de santé, d’alimentation, de chauffage, de
scolarité des enfants. Quand ce n’est pas la boisson, la violence, la
délinquance...Car pauvreté et déterioration du tissu familial vont souvent
de pair. Face à ces réalités, comment garantir aux familles démunies de
meilleures conditions d’épanouissement?
"Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui
libère", disait au siècle dernier le religieux français Lacordaire. Ces paroles, l’Action Vivre Ensemble en fait son credo: "Si le respect des familles démunies est une exigence éthique pour la société, il passe par l’affirmation et la défense des droits économiques, sociaux et culturels". Elle
déclare que ce n’est pas sur des aumônes que comptent les familles démunies, mais sur le besoin d’une pleine reconnaissance de leurs droits. Ce
constat s’est ainsi mué en une véritable déclaration de principe.
Un dossier de réflexion
Dans cette optique et afin de mieux définir les droits sociaux des familles, l’Action Vivre Ensemble s’apprête à publier un dossier de réflexion. Préparé en collaboration avec d’autres organisations, il devrait sortir avant le 10 décembre, date à laquelle se célébrera le 40e anniversaire
de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Intitulé "Pour chaque
famille: un avenir", ce dossier abordera les droits à la formation, à un
emploi stable, à un revenu décent, à un logement de qualité, aux services
collectifs. Il proposera en outre une réflexion éthique sur la famille et
des suggestions faites à l’attention des animateurs et des éducateurs en
vue de rencontres sur les problèmes de famille.
Quoi qu’il en soit, admettent les responsables de l’Action Vivre Ensemble, les meilleures réglementations ne résoudront jamais les questions
qui agitent les familles d’aujourd’hui. Mais il n’en reste pas moins essentiel que la société mette en place une politique familiale de nature à donner à toutes les familles les chances les plus égales possibles.
(apic/cie/pr)