de poursuites contre les objecteurs de conscience en Afrique du Sud
Bruxelles, 22juin(APIC) Deux Blancs sud-africains, John Downie et John
Kelly, devront se présenter le 28 juin devant la justice de leur pays pour
avoir refusé de reprendre du service dans l’armée alors qu’ils ont déjà accompli deux ans de service. A quelques jours de leur comparution, l’association belge "Entraide et Fraternité" déplore cette reprise soudaine de
poursuite contre des objecteurs de conscience que le gouvernement de Pretoria n’avait plus inquiété ces dernières années.
"Entraide et Fraternité", chargée de l’organisation du Carême de Partage
en Wallonie et à Bruxelles reconnait qu’en Afrique du Sud les violences
continuent à frapper de nombreuses communautés noires et métisses pourtant
désireuses d’accéder à une situation politique calme et à un régime démocratique souhaité depuis longtemps. Or, constate l’association, pour faire
face aux violences, le gouvernement de Pretoria fait toujours appel à l’armée comprenant des militaires de carrière et à des soldats blancs. Cette
année, l’enrôlement de soldats blancs sera le plus important que le pays
ait connu depuis la seconde guerre mondiale.
Les deux conscrits John Downie et John Kelly, convoqués par la justice
le 28 juin prochain, sont loin d’être les seuls objecteurs de conscience de
leur pays. Bien d’autres citoyens ont fait savoir avant eux leur opposition
au caractère "raciste" de l’armée sud-africaine. Mais depuis quelques années ces opposants au service militaire n’étaient plus poursuivis: du moins
est-ce le cas pour les 800 objecteurs connus. C’est seulement au cours de
cette année que les poursuites ont repris.
Les objecteurs sud-africains ont annoncé une rencontre importante pour
le 10e anniversaire de leur campagne, en juillet prochain. On y parlera
notamment de l’organisation de la paix en Afrique du Sud, de la suppression
de certains service secrets et de l’avenir de l’industrie de l’armement.
D’autres sujets sont aussi l’ordre du jour, notamment la démilitarisation,
la défense civile, les accords de sécurité régionaux sans oublier de l’opposition à des taxes à des fins militaires. (apic/cip/ba)