Belgique: doctorats honoris causa à Louvain-la-Neuve (030292)
Louvain-la-Neuve, 3 février(APIC) Le sécrétaire général de l’ONU, Boutros
Boutros Ghali, l’écrivain juif André Chouraqui et le philisophe français
Michel Serres ont reçu le 3 février le doctorat honoris causa, de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL).
L’UCL a voulu ainsi honorer trois personnalités qui sont "des hommes
frontières ayant, chacun dans leur spécialité, fait la preuve de leur volonté de jeter des ponts dans le respect des différences" et montré "leur
capacité à transcender un domaine et à nouer le dialogue".
"Il a cherché à faire tomber les murs qui séparent, il a cherché à préserver les murs qui rassemblent". C’est en ces termes que le doyen de la
Faculté de droit a rendu hommage à Boutros Boutros Ghali. Le nouveau secrétaire général de l’ONU a, tout au long de sa carrière de professeur,
d’écrivain et d’homme politique, cherché à promouvoir la solidarité entre
les peuples et les hommes, notamment entre les Etats africains ou les Nations arabes. Comme ministre des Affaires étrangères, Boutros Ghali a participé activement au traité de paix de Camp David entre Israël et l’Egypte.
André Chouraqui est aussi "un passeur de frontières", né en Algérie
d’une famille juive sépharade, il grandit au carrefour du monde juif, du
monde occidental et du monde arabe. Comme avocat, sa thèse de doctorat
porte en 1948 sur la création de l’Etat d’Israël, pays où il s’établira
deux ans plus tard. En 1965, il est élu maire-adjoint de Jérusalem. André
Chouraqui est surtout connu pour ses traductions de la Bible hébraïque, du
Nouveau Testament et du Coran. A propos de sa traduction de la Bible, le
professeur Jean-Marie Sévrin, doyen de la Faculté de théologie relève:
"Dans un français qu’il rudoie en poète, André Chouraqui introduit les
rythmes, les couleurs et les goûts, les sentiments et les concepts du texte
hébreu". A travers ses traductions, on découvre finalement l’"engagement
d’un mystique en quête de l’Unique, au service de l’unité des croyants",
juifs, chrétiens et musulmans.
Quant à Michel Serres, il possède une double formation scientifique et
littéraire. Il enseigne aujourd’hui l’histoire des sciences à l’Université
de Paris I et à Stanford aux Etats-Unis. Pour lui ,"il n’y a pas de philosophie sans synthèse , sans vue globale de toutes les variétés régionales
du savoir. Je revendique pour la philosophie la totalité; il faut passer
partout". Ses ouvrages analysent le fonctionnement des sciences humaines,
afin notamment de créer un passsage entre les sciences et l’éthique. " Je
suis, dit-il de la génération d’Hiroshima: pour la première fois, la science se trouvait remise en question". (apic/cip/mp)