Belgique: difficultés pour les associations à but social (030792)
Bruxelles, 3 juillet (APIC) Pour aller en vacances, il faut en avoir les
moyens, constate en Belgique l’Action Vivre Ensemble, à la veille des départs en congé. Pour les plus démunis, pas question de partir. A leur intention, des associations ouvrent leurs portes, en particulier aux jeunes.
D’autres adaptent leurs activités. Leur projet: mettre à profit le temps
libre pour favoriser des activités sportives, éducatives et culturelles...
Pourtant, l’avenir reste assez sombre pour le monde associatif.
"Associations en péril cherchent partenaires": c’est ainsi qu’on pourrait formuler le cri qui se répète quotidiennement aux oreilles de l’Action
Vivre Ensemble, l’organisation chargée de la campagne annuelle en faveur
des plus démunis en Belgique francophone. Depuis une vingtaine d’années,
cette organisation a soutenu, grâce à la solidarité des communautés chrétiennes, plus de 1’250 projets en Wallonie et à Bruxelles. Le rôle de ces
associations consiste à donner à des personnes en difficulté le petit coup
de pouce qui devrait leur permettre de trouver une place à part entière
dans la société.
L’Action Vivre Ensemble occupe, de par son travail, une position privilégiée pour comprendre les intérêts des différentes parties en présence.
Ceci l’amène à se faire la voix des sans-voix et, ajoutent ses responsables, "à amplifier leur cri avant qu’il ne soit trop tard". Ils ont en effet
le sentiment que ce cri résonne "sans véritable réponse dans une Europe qui
se construit avant tout sur le plan économique". Des experts évaluent à
plus de 50 millions le nombre des démunis dans l’Europe des Douze.
Avenir sombre
Jour après jour, des associations voient leur existence davantage mise
en péril. La réalisation de leurs projets se heurte à des difficultés de
plus en plus nombreuses en raison des restrictions budgétaires. Elles sont
parfois contraintes à l’arrêt pour des motifs qui semblent échapper à la
raison.
Dans ce contexte, de nombreuses associations et ceux qui y travaillent
voient leur avenir avec inquiètude. La situation de l’emploi est aussi très
préoccupante dans le monde associatif. Le personnel qui y est engagé ne se
voit offrir, le plus souvent, qu’un statut précaire. "Autant de sous-statuts", se plaignent les animateurs du monde associatif. "Et des statuts qui
sont, de surcroît, régulièrement remis en question!", déplorent-ils.
Pour faire entendre leurs protestations, les personnes engagées dans les
différents secteurs de cette "économie sociale" n’ont qu’une étroite marge
de manoeuvre. "Sur qui, en effet, vont retomber les conséquences d’un arrêt
de travail chez nous? font remarquer certains. Les premières victimes en
seraient ceux qui sont déjà exclus et sans voix. Cela ne coûterait pas à
ceux qui ont le pouvoir de prendre des décisons pour améliorer notre situation".
Les crédits alloués aux projets sociaux, constate encore l’Action Vivre
Ensemble, sont totalement insuffisants pour pouvoir effectuer un travail de
qualité sans léser personne. "Pourquoi est-il normal d’offir bénévolement
des heures de travail supplémentaires dans certains secteurs, alors que
dans d’autres, elles sont largement rétribuées? Il est plus que temps de
revaloriser le travail dans l’ensemble du secteur social. Sinon, il ne faudra pas s’étonner que, année après année, les jeunes soient toujours moins
nombreux à entreprendre des études conduisant à un engagement professionnel
aux côtés des sans-voix et des exclus". (apic/cip/ak/pr)