Louvain, 11septembre(APIC) Des critiques adresssées, en particulier à la
Congrégation de la doctrine de la foi, contre le manque de confiance qu’elle manifeste à trop de théologiens qui veulent servir l’Eglise, ont été
faites à l’occasion du Congrès international des théologiens. Ce dernier
rassemble quelque 500 théologiens venus de 51 pays d’Afrique, d’Asie,
d’Amérique latine et d’Europe pour participer, durant une semaine, à un
colloque organisé pour le 25e anniversaire de la revue internationale de
théologie "Concilium".
Le dominicain français Christian Duquoc qui enseigne la théologie dogmatique à Lyon, parle à ce sujet de "lamentable méfiance". Dans une intervention faite lundi dernier dans le cadre du Congrès, il s’en prend aux directives rédigées par le préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi,
le cardinal Joseph Ratzinger, au sujet de la fonction du théologien dans
l’Eglise.
Selon Christian Duquoc, les avis du cardinal Ratzinger sont un simple
défense de la foi traditionelle: ils ne permettent aucune discussion des
problèmes actuels qui se posent aujourd’hui. Le théologien de Lyon demande
à l’Eglise de méditer avec insistance sur les mouvements de libération des
hommes en cette fin de siècle qui ont secoué avec succès les systèmes totalitaires à l’Est. Si l’Eglise n’ouvre pas ses structures de décision au
"peuple de Dieu", c’est-à-dire aux laïcs, elle perdra le reste de crédibilité qu’elle a auprès des hommes et spécialement de la jeunesse.
Le théologien Sidbe Sempore, de la Côte d’Ivoire, annonce pour sa part,
que les "Eglises du Sud" vont conquérir dans la hiérachie une meilleure
place que maintenant sur les centres de décision du Nord. Le théologien
ivoirien ajoute: "Les jeunes Eglises d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine
donneront aussi un jour une décisive impulsion pour surmonter les fissures
qui menacent la chrétienté".
Selon ce théologien, "la chrétienté africaine fait justement, comme nulle part ailleurs, l’expérience de l’éclatement et de la division des Eglises. Pour lui, cette expérience de vivre avec plusieurs cultures côte à côte permettent aux jeunes Eglises d’apporter pleinement un nouveau concept
d’oecuménisme, ce que les "vieilles Eglises" du Nord ne sont pas capables
de donner. Il affirme: "L’admission d’homme mariés au sacerdoce, comme
l’acceptation d’un diaconat pour les femmes serait un pas pour surmonter le
poids des structures dominantes de l’Eglise". (apic/kna/ba)