Belgique: des juifs d’Anvers interpellent (170389)
Anvers, 17mars(APIC/CIP) A l’issue d’une réunion extraordinaire, les
membres juifs des groupes de dialogue judéo-chrétien à Anvers ont fait savoir vendredi 17 mars, qu’ils "conjuraient" le cardinal Dannels de prendre
position devant le non-transfert du couvent de Carmélites installé sur le
site de l’ancien camp d’extermination d’Auschwitz.
Les juifs d’Anvers se disent "profondément choqués" que le carmel d’Auschwitz n’ait pas été déplacé pour le 22 février de cette année, comme le
prévoyait "l’engagement solennel" signé à Genève en 1987 par les représentants juifs et par quatre cardinaux, dont le cardinal Danneels.
Le communiqué anversois rappelle également que 129 pays ont adopté une
résolution plaçant l’ancien camp d’extermination d’Auschwitz sous la protection de l’UNESCO et interdisant d’y modifier quoi que ce soit sans l’accord de cet organisme des Nations-Unies. Or, "on a même constaté, au contraire, que des travaux d’agrandissements du carmel étaient en cours".
Les juifs anversois "considèrent une telle manière de faire et le silence catholique qui l’entoure comme un mépris inacceptable à l’égard de la
sensibilité juive". Ils ajoutent que cela fait peser "une lourde hypothèque" sur le mouvement d’amitié entre juifs et chrétiens, mouvement dont la
mise en route a été "laborieuse", disent-ils.
Tout en conjurant le cardinal Danneels de faire connaître son point de
vue sur "cette pénible affaire", le groupe anversois s’étonne "que la Commission catholique pour les relations avec les juifs n’ait pas pris position".
Enfin, les membres juifs des groupes de dialogue judéo-chrétiens d’Anvers "déclarent solennellement que l’ancien camp d’extermination d’Auschwitz doit rester le symbole de la Shoa, le meurtre de six millions de
juifs". Ils se réuniront à nouveau le 18 mai "pour adopter une position
définitive à la lumière de l’évolution".
Réponse du cardinal Danneels?
Peut-on s’attendre à une mise au point du cardinal Danneels dans les
prochains jours? Répondant à l’agence CIP, l’archevêché de Malines-Bruxelles a fait savoir que le cardinal Danneels était dans l’impossibilité de
réagir à une demande qui ne lui est pas encore parvenue.
En outre, précise-t-on à l’archevêché, le cardinal Danneels étant cosignataire de l’engagement pris à Genève, il ne prendra certainement pas
une position individuelle en la matière. La seule réaction qu’on puisse attendre de lui est qu’il transmette la requête des juifs anversois, lorsqu’il la recevra, au cardinal français Albert Decourtray. Ce dernier assume
à la fois la présidence et le rôle de porte-parole de la partie catholique
au sein du groupe de négociation mis sur pied à propos du carmel d’Auschwitz. (apic/cip/pr)