Belgique: déclaration des évêques sur l’Amérique latine (160992)
Bruxelles, 16septembre(APIC) Une meilleure connaissance du passé rend encore plus aiguë notre responsabilité actuelle, écrivent les évêques de Belgique dans une déclaration faite à propos du 5e centenaire de l’évangélisation de l’Amérique que le Conseil épiscopal latino-américain (CELAM) s’apprête à commémorer à Saint-Domingue en présence de Jean Paul II. 1492-1992:
cinq siècles d’histoire que les évêques présents à la 4e Conférence générale du CELAM qui s’ouvrira le 12 octobre ne manqueront pas d’évoquer.
L’évangélisation de l’Amérique latine est allée de pair avec la conquête
de ce continent. Une conquête "souvent dominée par la soif de l’or et des
épices, par une longue histoire de guerres, suscitant des hécatombes, des
maladies importées de l’étranger et, finalement, la désintégration culturelle et sociale des populations autochtones. Conquête encore suivie de la
traite d’esclaves noirs", rappellent les évêques belges. Qui ajoutent:
"Très tôt cependant, des missionnaires et des religieux ont réagi contre
cet état de choses et ont manifesté avec force leur souci d’humanité, de
respect de la dignité des personnes, de leur développement matériel et spirituel. Ils avaient déjà fait ’l’option préférentielle pour les pauvres’..."
Les évêques belges, qui soulèvent le problème de l’endettement du tiers
monde, rappellent à ce propos le document publié en 1986 déjà par la Commission pontificale "Justice et Paix" intitulé "Au service de la communauté
humaine: une approche éthique de l’endettement international". Cinq siècles
après Christophe Colomb, souligne le document, le monde connaît de nouveaux
défis aux dimensions planétaires. "L’Europe se prépare au grand marché de
1993 et s’ouvre aux anciens pays de l’Est". Et les évêques de se poser la
question de savoir si cette même Europe cédera à la tentation de se replier
sur elle-même ou si, au contraire, elle comprendra "que son bien-être actuel ne peut se justifier au regard de la pauvreté du tiers monde, de l’Amérique latine et de l’Afrique?".
Pour l’épiscopat belge, "les Eglises d’Amérique latine nous interpellent
aussi par la façon dont elles vivent leur foi. Elles sont également confrontées à la sécularisation et à l’indifférence". Dans un échange d’Eglise
à Eglise, "nous avons sans doute autant à recevoir qu’à offrir. Malgré tous
ses problèmes, l’Amérique latine n’est-elle pas le continent de l’espoir?".
(apic/cip/pr)