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    la loi sur la dépénalisation de l’avortement

    Belgique : déclaration des évêques, opposés à (020590)

    Bruxelles, 2mai(APIC/CIP) Les évêques de Belgique ont publié le 2 mai une

    déclaration par laquelle ils complètent leur prise de position doctrinale

    et pastorale face à la situation intervenue depuis le vote par le Parlement

    belge le 29 mars dernier de la loi relative à l’interruption de grossesse

    en Belgique. Cette loi, précisent-ils, "dépénalise presque sans limites

    l’avortement. Dans notre pays, les enfants engendrés resteront dorénavant

    sans aucune protection légale pendant les douze premières semaines de leur

    existence. Et même après cette période, certains d’entre eux seront menacés

    d’élimination avant leur naissance".

    "Ce qui est légal n’est pas nécessairement moral", a rappelé le cardinal

    Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, en présentant la déclaration de huit pages. Ce que les évêques contestent, ce n’est pas la procédure démocratique qui a permis le vote, c’est le contenu de celle-ci qui

    est "opposé aux droits de l’homme et aux droits de l’enfant". D’où l’inquiétude des évêques: va-t-on demain légaliser l’euthanasie, les manipulations génétiques, les expériences sur les embryons humains voire l’élimination des handicapés profonds ? Quelle étrange contradiction, ajoutent-ils,

    que celle d’une société où l’on veille à éviter toute entrave à la vie privée, tandis que l’on permet, au nom de la liberté individuelle, "la mise à

    mort délibérée d’un innocent".

    Un appel aux défenseurs de la vie

    Regrettant que le législateur ait retiré à la loi sa "fonction pédagogique" puisque "l’Etat a décidé de ne plus sanctionner, ou si peu", les évêques se montrent cependant attentifs aux "situations tragiques". "Nous sommes des hommes et non des dieux", a affirmé le cardinal Danneels. "Nous ne

    pouvons tout guérir. Mais le côté tragique de notre existence n’est pas une

    raison pour changer l’éthique. L’Eglise ne peut accepter qu’on présente le

    problème comme si on était acculé à choisir entre deux vies. Car il n’y a

    pas de vie qui vaille plus qu’une autre. Une maman en détresse peut toujours être aidée".

    Les évêques belges lancent donc un appel aux femmes qui attendent un

    enfant et à leur entourage, ainsi qu’aux médecins et au personnel médical

    pour que le souci d’accueillir l’enfant l’emporte. Mais, "pour que tout

    enfant soit le bienvenu", il faut également une législation sociale

    favorable, souligne aussi l’archevêque de Malines-Bruxelles. Il cite

    notamment l’adoption, les maisons d’accueil et l’habitat comme autant de

    domaines où l’on attend des mesures sociales et politiques "généreuses". De

    telles mesures, néanmoins, risquent de n’être pas efficaces si chacun et

    chaque couple ne réapprend pas "le vrai sens" de l’amour, de la relation

    homme-femme, de l’ouverture à la fécondité et de la fidélité, a redit le

    cardinal Danneels.

    Un appel aux chrétiens

    S’adressant enfin aux chrétiens, la déclaration des évêques leur

    rappelle que l’avortement est "incompatible avec les exigences de

    l’Evangile". Elle souligne tout autant la miséricorde de Dieu envers les

    pécheurs que le devoir de miséricorde à l’égard du prochain et l’appel à un

    agir dans la vérité.

    La déclaration se conclut sur les directives pour les institutions et

    les organisations chrétiennes, que les évêques appellent spécialement à

    "apporter leur concours à l’effort commun en faveur de la vie". Que les

    hôpitaux chrétiens "se refusent à pratiques des avortements délibérés"; que

    les organisations sociales d’inspiration chrétienne "privilégient désormais

    l’aide aux mères en détresse et aux enfants dont la vie est en cause ou qui

    sont menacés d’un handicap"; que les écoles catholiques apprennent aux

    jeunes "la dignité de l’amour conjugal et de ses obligations"; telles sont

    les attentes concrètes des évêques à l’égard des institutions chrétiennes.

    (apic/cip/cor)

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