Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    lancent depuis Bruxelles un appel à l’Europe

    Belgique: de jeunes opposants à l’armée de l’apartheid (030389)

    Bruxelles, 3mars(APIC/CIP) Deux objecteurs de conscience sud-africain,

    accompagnés d’un avocate du Cap, étaient à Bruxelles le 2 mars pour expliquer l’extension de la campagne contre le service militaire au pays de

    l’apartheid. Leur mouvement, End Conscription Campaign (ECC), interpelle

    aussi les Européens: beaucoup de jeunes d’Europe servent dans l’armée de

    l’Afrique du Sud. Certains gouvernements, comme la Belgique par exemple,

    reconnaissent dans les faits, même s’il n’y a pas de convention écrite, que

    leurs jeunes ressortissants, au bénéfice de la double nationalité pour certains, ne doivent plus accomplir dans leur pays ce qu’ils ont accompli làbas.

    C’est en 1984 qu’une trentaine d’organisations sud-africaines ont lancé

    la campagne contre le service militaire obligatoire. Les résultats ne se

    firent pas attendre: début 1985, quelque 7.500 jeunes sur 15 à 20.000 appelés avaient déjà rallié le camp des objecteurs.

    La conscription touche seulement les blancs. Ils sont enrôlés à partir

    de l’âge de 16 ans. Au total, ils devront faire quatre ans de service militaire, dont deux d’affilée pour commencer, puis 720 jours pouvant s’étaler

    jusqu’à l’âge de 55 ans. Depuis 1983, le statut d’objecteur de conscience

    peut être demandé, mais uniquement pour des motifs religieux. Ils sont

    alors obligés d’effectuer 6 ans de service, soit dans l’armée non-combattante, soit dans des administrations. Ils demeurent dans tous les cas au

    service du système d’apartheid.

    La prison ou l’exil

    L’été dernier, 143 conscrits sud-africains ont fait connaître publiquement leur refus du service militaire pour des motifs philosophiques, moraux

    ou politiques. En juillet, un des premiers objecteurs, David Bruce, a été

    condamné par un tribunal de Johannesburg à 6 ans de prison. Et le 29 août,

    l’End Conscription Campaign a été ajoutée par le gouvernement sud-africain

    à la liste des 18 organisations anti-apartheid déjà interdites d’activités

    publiques.

    Que l’ECC soit désormais interdite, c’est bien la preuve que la campagne

    menée par elle a un grand impact parmi la population blanche sud-africaine,

    explique Mandy Taylor, avocate et coordinatrice de l’ECC dans le sud du

    pays. D’ailleurs, ajoute-t-elle, "la moitié des membres de l’ECC sont des

    femmes. Parce qu’elles sont aussi concernées pour marquer notamment leur

    opposition politique au système d’apartheid".

    Alistair Teeling-Smith, lui, était le secrétaire national de l’ECC depuis 1987 jusqu’en août dernier. A présent, il est personnellement frappé

    de mesures de "restrictions". Tout comme son organisation, il ne peut rien

    publier en Afrique du Sud, ne peut pas accorder d’interview ni être cité,

    ni s’adresser à un groupe de plus de 20 personnes. Déjà arrêté en décembre

    1986 pour son opposition au service militaire, il n’a pas changé d’avis,

    maintenant qu’il est appelé officiellement sous les drapeaux. "C’est non",

    répète-t-il. "Je refuse de servir l’armée de l’apartheid qui est une véritable armée d’occupation du pays, puisqu’elle est toujours en poste dans

    certaines cités noires et qu’on a envoyé, ces dernières années, jusqu’à

    30.000 militaires pour réprimer la population de ces "townships". L’avis de

    Teeling-Smith est représentatif: la moitié des jeunes blancs d’Afrique du

    Sud se disent prêts à prendre le chemin de l’exil pour échapper au service

    militaire. Un choix crucial: la prison ou l’exil, dit-il.

    Militaires de l’Europe au service de l’armée de l’apartheid

    L’exil? C’est la situation que connaît justement Simon Dunckley. Cet objecteur de conscience sud-africain vit aux Pays-Bas depuis 1986. "Je travaillais comme technicien à la télévision sud-africaine, raconte-t-il. "Et

    là, les pressions que nous subissions pour ne pas informer sont insupportables. Nous avons décidé, avec quelques amis, de sortir du pays plutôt que

    de servir l’armée de l’apartheid". Une armée que bon nombre d’Européens

    n’hésitent cependant pas à servir: on estime en effet à un tiers les personnes venues d’Europe qui servent les militaires d’Afrique du Sud.

    (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus