Belgique: colloque de Pax Christi engagé en faveur de l’écologie (310190)
Namur, 31janvier(APIC) Impossible de dissocier les problèmes liés à la
paix, à la justice et à l’environnement: cette conviction, affirmée par les
700 délégués au Rassemblement oecuménique européen de Bâle en mai 1989, est
partagée par les participants d’un colloque récemment organisé à Namur sur
le thème "Justice, paix et écologie: aujourd’hui pour demain". La rencontre
avait été mise sur pied par Pax Christi Wallonie-Bruxelles.
En s’appropriant le message de Bâle, les participants ont constaté à
leur tour l’interdépendance des problèmes liés à la justice, à la paix et à
l’écologie, qui mettent en danger la survie de l’humanité. Selon eux, il
n’est pas possible d’aborder isolément ces trois problématiques, où se manifeste une crise globale.
C’est en fait trois grandes crises qui ont été analysées lors de ce colloque. Tout d’abord une crise de l’environnement, mesurable grâce à une série de paramètres scientifiques autorisant des prédictions plus ou moins
précises, qui mettent en évidence un épuisement progressif de la planète.
Le phénomène est lié, à un niveau plus fondamental, à une crise de
l’agir humain. De Bophal à Seveso ou à Tchernobyl, c’est le déploiement
d’une industrie qui finit par échapper au pouvoir de l’homme qui est en
cause. Dans cet agir humain destructeur de la nature apparaît clairement le
lien avec les problèmes de la justice et de la paix. Les exemples mettant
en évidence cette interaction abondent: la technologie comme fer de lance
de la course aux armements; l’épuisement de la forêt en Haïti, où le charbon de bois est pour la population pauvre l’unique source de revenu; la déforestation à Costa Rica, afin de permettre un élevage vampirique diminuant
de quelques centimes le prix du hamburger en Occident...
Il y a, enfin, une crise spirituelle. Jean Paul II le rappelait dans son
dernier message pour la Journée mondiale de la paix, son premier document
entièrement consacré à l’écologie: la crise écologique est un problème moral majeur, car c’est le respect de la vie et l’intégrité de la Création
qui sont en jeu. Cette crise spirituelle a été au centre des débats de ce
colloque, tant dans les carrefours que dans les ateliers de travail.
Une leçon se dégage de cette rencontre: seule une "metanoia", à savoir
une conversion, une révision de la manière de vivre et des comportements
permettra de sortir de l’impasse actuelle. Faute d’une telle conversion,
l’homme ne peut qu’hypothéquer ce patrimoine qu’est la terre qui lui est
confiée. (apic/cip/pr)