Belgique: clôture du Forum européen des laïcs à Anvers (090792)
Anvers, 9juillet(APIC) C’est par un appel à l’ouverture d’une véritable
société multiculturelle que c’est achevé mercredi 8 juillet, à Anvers, en
Belgique, après cinq jours de travaux, le Forum européen des laïcs. Ce Forum bisannuel a réuni des délégués de comités nationaux de laïcs catholiques de 22 pays. Madeleine Rossier, présidente de la Communauté romande de
l’apostolat des laïcs (CRAL), et Pierre Dufresne, ancien rédacteur en chef
du "Courrier" de Genève, représentaient la CRAL à Anvers. Ce rendez-vous
était placé sous le thème "Comment vivre les paradoxes du chrétien dans une
société multiculturelle?"
Les participants invitent les hommes et les femmes à s’ouvrir "à la richesse culturelle des hommes et des femmes qui sont venus en Europe en immigrés, chassés par la persécution, la guerre ou la misère". Ils réclament
de la Communauté européenne une meilleure coordination de la politique à
l’égard des immigrés, et attendent des Douze "une politique économique qui
permette aux nouveaux candidats à l’émigration de vivre dans la paix et la
dignité dans leur propre pays". Les membres du Forum savent que cette politique à un prix, mais se disent "prêts à le supporter et à adapter leur
style de vie en conséquence".
Dans une Europe où la mobilité sociale façonne plus que jamais l’évolution de la société, comme l’ont montré les travaux à Anvers, il importe que
les gouvernements, les Eglises et tous les citoyens restent vigilants quant
au respect des droits de l’homme, tant dans leur propre pays que dans les
pays d’origine des immigrés, soulignent les délégués. Ce respect, estimentils, concerne tout particulièrement les droits des minorités ethniques et
religieuses. Dans ce sens, "une législation nationale et communautaire plus
favorable est nécessaire.
Dans les dix ans...
Les laïcs catholiques comptent sur la coopération entre Européens de diverses convictions pour édifier "une Maison européennne aux portes ouvertes". Ils se joignent aux propos que leur a tenus, deux jours plus tôt, le
président de la Commission européenne, Jacques Delors: "Si, dans les dix
ans qui viennent, nous n’avons pas réussi à donner une âme, une spiritualité, une signification à l’Europe, nous aurons perdu la partie".
Du voisinage au dialogue
A Anvers, les délégués des comités nationaux des laïcs catholiques ont
consacré l’essentiel de leurs travaux à explorer la réalité multiculturelle
de la société. En Europe, le voisinage et la confrontation des cultures
n’est pas un phénomène nouveau. Ce qui l’est, en revanche, c’est que la variété des cultures est considérée comme un enrichissement. Pour souligner
le caractère dynamique de la société multiculturelle, on a préféré, à Anvers, parler d’"interculture": un terme qui évoque d’emblée l’échange et la
rencontre entre les cultures.
Les travaux de groupes ont également mis en évidence ce qu’avaient déjà
relevé les conférenciers durant le Forum: le dialogue interculturel n’est
possible que pour des personnes ou des groupes qui approfondissent leur
propre identité culturelle en même temps qu’il s’ouvrent à la différence
culturelle des autres. Cet approfondissement et cette ouverture devraient
normalement conduire à "une culture de la solidarité", mais aussi inviter
les Européens à repenser leurs liens avec le tiers monde comme avec le
quart monde, avec "les immigrés d’ici" et "le tiers monde là-bas".
Sur le plan politique, les délégués plaident pour une action qui fasse
réellement passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier. Aux Eglises, les laïcs rappellent qu’elles doivent être "le sel de la terre" et que
le christianisme "ne peut se réduire à une pure affaire privée". Dans cette
optique, les membres du Forum redisent l’importance de l’oecuménisme et du
dialogue entre les religions. Ils attendent des Eglises qu’elles soient
"des laboratoires d’une Europe interculturelle dans un monde interculturel".
Pour que les Eglises s’engagent plus encore
Uns série de propositions concrètes ont été approuvées au terme du Forum. Celles-ci insitent entre autres sur le financement d’études sur l’immigration; pour une meilleure information de l’opinion publique en la matière; ainsi que sur l’éducation et la formation des chrétiens comme promoteurs d’une dynamique interculturelle. Des programmes d’action sociale à
l’échelle paroissiale et locale et des contacts organisés entre les populations locales et les immigrés sont réclamés.
Sur le plan politique, des actions devraient être menées pour éliminer
les obstacles qui empêchent l’évolution de la société et de ses institutions dans une perspective interculturelle. Dans leurs propositions, les
participants pressent les Eglises afin qu’elles s’impliquent davantage et
de manière plus organisée dans le dialogue inter-religieux et interculturel. (apic/cip/pr)