Belgique: après l’exhortation du pape sur la mission des (300189)
Bruxelles, 30janvier(APIC/CIP) Après l’exhortation du pape sur la mission
des laïcs chrétiens, Philippe Regnier, prêtre bruxellois et conseiller
théologique du Conseil général de l’apostolat des laïcs, a pris le temps de
faire une première lecture du nouveau document de Jean Paul II. Il a bien
voulu livrer à chaud ses premières impressions presonnelles.
"Mes premières réactions est que le texte est trop long. C’est le plus
long document publié après un Synode des évêques depuis 1967. D’ailleurs ce
n’est pas sûr que le texte fasse honneur à la diversité des situations d’un
continent à l’autre. Ma deuxième réaction: ceux qui ont écouté ou lu, dès
le lendemain du dernier Synode, les échos rapportés notamment par le cardinal Danneels n’apprendront pas grand-chose de neuf dans le document qui
vient de paraître, car le pape a voulu coller de très près aux travaux du
Synode.
"Quant à la spécificité des laïcs, on a plutôt envie de dire, après lecture du document, qu’on est pas plus avancé qu’avant le Synode. On veut que
laïcs et prêtres se persuadent de leur différence, mais on a du mal à fonder cette conviction".
Des accents nouveaux
Il n’y a vraiment rien de nouveau? "Si, il y a des accents nouveaux,
tantôt prometteurs, tantôt plus inquiétants. Le problème des ministères
dans l’Eglise, par exemple, est réservé à la Commission romaine. C’est heureux quand on ne veut rien précipiter. Ce l’est moins si aucun débat n’est
possible. Or, le Vatican, qui déclare s’opposer à ’toute forme de discrimination’ envers les femmes, ne perçoit pas que de telles discriminations
peuvent exister aussi dans l’Eglise".
"Une insistance nouvelle porte sur le sens de l’Eglise demandé aux laïcs
et à leurs mouvements. Parmi les critères retenus, à côté de la vocation à
la sainteté et de la profession de la foi catholique, on ne se contente
plus de réclamer une fidélité à l’enseignement de l’Eglise. On ajoute: à
l’enseignement interprété de façon authentique et proposé dans son contenu
intégral! Je m’inquiète de cette prétention: comment exiger d’un mouvement
une conformité au contenu intégral de la foi de l’Eglise?
"Il y a également un net encouragement des laïcs à s’engager sur le plan
politique. Rien ne justifie, souligne le document, le scepticisme et l’absentéisme des chrétiens pour la chose publique".
"Un souffle nouveau existe dans la mission de l’Eglise, conclut-il,
l’exhortation précise que l’Eglise doit faire aujourd’hui un grand pas en
avant dans l’évangélisation; elle doit entrer dans une nouvelle étape historique de son dynamisme missionnaire". (apic/cip/bd)