Pax Christi Wallonie-Bruxelles pour une "solution négociée" dans le Golfe
"L’ultimatum est immoral"
Bruxelles, 11janvier(APIC) Le mouvement catholique pour la paix Pax
Christi Wallonie-Bruxelles et la Commission belge "Justice et Paix" ont
lancé un appel pour "une solution négociée de la crise du Golfe". Ils attirent l’attention sur les conséquences humaines et économiques d’une guerre
au Moyen-Orient et demandent au gouvernement belge de prendre position auprès des principaux antagonistes dans le Golfe et d’"exercer ses responsabilités dans la CEE et à l’ONU par une politique active de paix dans la
justice".
"Justice et Paix" et Pax Christi plaident pour le respect des lois internationales et des résolutions de l’ONU, qui exigent le retrait des troupes irakiennes du Koweït, le rétablissement de l’Etat koweïtien dans sa légitimité et le respect des frontières reconnues par la Communauté internationale. Ils insistent également sur la nécessité de mettre un terme à la
crise libanaise et à l’occupation de la Palestine par Israël: "Encore fautil conférer l’efficience nécessaire à l’action de l’ONU et faire appliquer
avec une identique fermeté toutes ses résolutions réclamant l’évacuation
des troupes étrangères: au Koweït, mais aussi au Liban et dans les Territoires occupés par Israël. Faute de quoi, l’enchaînement des tensions irrésolues nourrit le sentiment d’injustice des populations bafouées dans leurs
droits, offre un prétexte commode à l’aventurisme irakien et compromet
l’autorité de l’arbitrage international par la faute de ceux-là mêmes qui
s’en réclament", affirme "Justice et Paix". Pax Christi demande en outre la
mise sur pied d’une conférence qui permettra la pacification et la réconciliation dans tout le Moyen-Orient et l’accès de l’Irak au Golfe pour exporter sa production pétrolière.
"Justice et Paix" et Pax Christi dénoncent "l’accaparement des ressources naturelles (en l’occurence le pétrole) par des compagnies occidentales
et des oligarchies locales" au détriment du bien commun. Pour Pax Christi,
"un juste partage des richesses naturelles est incompatible avec la mainmise de l’une ou l’autre des puissances militaires sur les réserves mondiales
de pétrole".
Appel au gouvernement belge et à l’Europe
Dans son communiqué, "Justice et Paix" constate que la Belgique est impliquée à plusieurs titres dans les tensions au Moyen-Orient: approvisionnement en pétrole, échanges commerciaux, engagements diplomatiques et qu’en
conséquence elle se doit d’oeuvrer, en tant qu’Etat membre de la Communauté
Européenne et du Conseil de Sécurité des Nations Unies, à "un règlement négocié de la crise, dans le respect des droits fondamentaux". Avec la Concertation Paix et Développement (CPD) et le Comité National d’Action pour
la Paix (CNAP), la Commission "Justice et Paix" demande au gouvernement
belge de maintenir "des pressions fermes sur les parties en conflit pour
les obliger à négocier". Dans le cadre européen, la Belgique "peut et doit,
avec l’ONU, être médiateur de la paix en contribuant au développement des
populations, à la solution de la question palestinienne, au désarmement du
Moyen-Orient, à l’établissement des régimes démocratiques".
"Seule une solution négociée permettra de créer un climat de paix au
Moyen-Orient", mais "la paix ne se fera pas sans la justice", affirment
"Justice et Paix" et Pax Christi. Le mouvement catholique pour la paix
estime que "le risque d’une guerre dans le Golfe augmente parce qu’aucun
des principaux protagonistes, Irak ou Etats-Unis, ne veut perdre la face
dans un contexte d’ultimatum qui est par lui-même immoral". Soulignant les
conséquences désastreuses d’une guerre dans le Golfe, "Justice et Paix" et
Pax Christi relèvent que "la recherche de solutions pacifiques s’impose
d’autant plus que l’engagement militaire entraîne des risques de déflagration démesurée par rapport au but recherché et qu’il implique une rupture,
lourde de conséquences, entre la partie européenne du bassin méditerranéen
et ses rives africaines et asiatiques". (apic/cip/cor)