Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image

    Belgique: Appel du cardinal Arns aux européens (101089)

    "Que l’Europe de 1992 n’oublie pas le Tiers Monde

    Louvain-la-Neuve, 10octobre(APIC) Le cardinal brésilien Paulo Evaristo

    Arns, archevêque de Sao Paulo, dont le nom avait été avancé comme un possible Prix Nobel de la Paix 1989, s’est exprimé en fin de semaine à l’Université de Louvain-la-Neuve (Belgique) sur les enjeux éthiques et politiques

    au Brésil et en Amérique Latine et sur le rôle pastoral de l’Eglise dans

    cette région du monde. Il a saisi l’occasion pour lancer un appel à l’Europe de 1992 afin qu’elle n’oublie pas le Tiers-Monde.

    Les droits de l’homme au Brésil ont constitué l’essentiel de son discours. S’il y a effectivement de nombreuses violations à déplorer en ce domaine au Brésil comme dans le reste de l’Amérique Latine, l’archevêque de

    Sao Paulo se plaît aussi à souligner la richesse de quelques acquis. Au

    Brésil, et notamment dans les communautés ecclésiales de base, le peuple

    prend conscience qu’il est acteur de sa propre histoire et est en train de

    raffermir ses racines, relève-t-il.

    Le problème des droits de l’homme, au Brésil, est d’abord soulevé par la

    pauvreté massive de millions de familles dans ce pays qui occupe pourtant

    le rang de 8e producteur du monde. En dépit de ce rang, 20% de Brésiliens

    ont à peine un salaire de 40 dollars par mois (environ 60 francs), soit à

    peine 2 francs par jour. Il faut avec cela faire (sur)vivre toute une famille. A côté de cette masse de pauvres, 55% de Brésiliens ne gagnent que

    de 1 à 3 fois le salaire minimum. C’est dire que les trois quarts du peuple

    au Brésil sont touchés par la pauvreté.

    Pour le cardinal Arns, ces chiffres suffisent à reposer tout le problème

    de la dette extérieure. Or, le Brésil, rien qu’en intérêts d’emprunts, a

    déjà remboursé 125 milliards de dollars. Le cardinal rappelle à ce propos

    le rôle néfaste des années de dictature militaire quant à l’accroissement

    de la dette. Mais il pose aujourd’hui la question: "Pourquoi demander au

    Tiers-Monde de payer sa dette alors que le Premier Monde n’a jamais payé sa

    dette envers lui?"

    Un pays à reconstruire

    Expulsions, disparitions, exil: c’est d’abord cela qui marque l’histoire

    récente du Brésil, dès l’arrivée au pouvoir des dictatures militaires en

    1964. La première action de l’Eglise a donc été de rompre la loi du silence

    et d’accorder son appui à tous ceux qui souffrent, et parfois jusqu’à la

    torture, rappelle le cardinal Arns.

    La phase suivante a été la lutte pour les droits civiques, en particulier pour l’amnistie envers les prisonniers politiques et les exilés. Le

    Brésil n’est malheureusement pas un cas unique. L’archevêque de Sao Paulo

    ne cite qu’un chiffre: 400’000 Chiliens ont été exilés depuis 1973.

    Quinze ans après le coup d’Etat de 1964, le Brésil voit renaître le mouvement ouvrier organisé, qui réussit des actions de grève à grande échelle.

    Mais c’est toujours la junte militaire qui est au pouvoir... l’archevêque

    de Sao Paulo se souvient particulièrement du 1er octobre 1979: Ce jour-là,

    dans l’archidiocèse, Santo Diaz, président de l’Action Pastorale Ouvrière,

    était assassiné. "Les militaires lui ont tiré dans le dos alors qu’il empêchait les ouvriers manifestants d’attaquer les militaires avec des jets de

    pierres", se rappelle-t-il. Et l’archevêque d’ajouter: "L’enjeu du soutien

    de l’Eglise au combat des ouvriers, c’est celui d’un appui à la volonté

    d’une civilisation nouvelle, celle de la solidarité et pas seulement du

    travail.

    Aujourd’hui, le Brésil est en pleine phase de reconstruction. Après 21

    ans de dictature, "tout est à refaire, même l’âme du peuple, dit le cardinal Arns. Un travail important a déjà été accompli, de ce point de vue, par

    l’Assemblée constitutionnelle, qui a redéfini des droits sociaux collectifs, mis en relief le respect des minorités, manifesté un souci de l’écologie. Cependant, ajoute-t-il, à côté de ces acquis positifs de la nouvelle

    Constitution Brésilienne, il reste l’énorme problème foncier: la Constitution n’a pratiquement rien réglé de la dépossession de millions de familles

    paysannes; autrement dit, la lutte pour la terre a été perdue", observe-til.

    Les yeux se fixent désormais sur le 15 novembre prochain: pour la première fois depuis 1960, le Brésil va élire au suffrage universel un nouveau

    président de la République.

    Que peut faire l’Eglise d’ici?

    Question classique à un évêque latino-américain en visite en Europe: que

    peut faire pour le Tiers Monde l’Eglise du Premier Monde? "D’abord, répond

    le cardinal Arns, s’informer sur l’organisation industrielle et commerciale

    de la société, et toucher le monde économique, qui est un monde froid. Il

    est urgent de rendre à ce monde une éthique, des valeurs. Le Tiers Monde a

    d’ailleurs peur de l’Europe de 1992: elle pourrait se replier sur elle-même

    et ce serait alors pour nous plus dangereux qu’une guerre. Il faut donc une

    riche solidarité européenne... y compris avec les plus pauvres des autres

    continents".

    C’est dans le même sens que l’archevêque de Sao Paulo encourage les

    échanges missionnaires entre les Eglises d’ici et de là-bas. "Vous avez

    certainement quelque chose à apprendre de nos communautés ecclésiales de

    base. Chez nous, on y voit naître la démocratie et on y voit renaître

    l’Eglise", conclut le cardinal Arns. (apic/cip/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus