sur "la reconnaissance d’Israël par le Saint-Siège"
Bruxelles, 4 février(APIC) "Le plus grave qui puisse arriver à l’Eglise,
c’est d’être déconnectée de ses racines. L’histoire le montre: chaque fois
que l’Eglise est devenue étrangère aux juifs, elle est devenue étrangère à
elle-même", a estimé l’écrivain André Chouraqui au cours d’une rencontre
organisée à Louvain-la-Neuve, où il a été promu le 3 février docteur honoris causa de l’Université.
Interrogé entre autres sur quelques controverses récentes entre juifs et
chrétiens notamment à propos du retard mis dans le transfert du carmel installé sur le site d’Auschwitz, André Chouraqui a voulu prendre du recul
par rapport à tel ou tel épisode.
"On ne peut généraliser. L’Eglise catholique, c’est tout un univers. Je
dois reconnaître que beaucoup de chrétiens ont aussi souffert avec nous et
parfois pour nous. Le plus grave n’est pas tel ou tel épisode fantastique
de l’histoire. Le plus grave, c’est la méconnaissance radicale qui persiste
entre l’Eglise et la Synagogue depuis 20 siècles. Or, il faut le redire:
Jésus est fils d’Israël. Et le fameux "Magnificat" de l’Evangile pourrait
être un hymne nationaliste d’Israël".
Méconnaissance? "Heureusement, les signes positifs se multiplient", corrige André Chouraqui. L’écrivain d’origine algérienne à qui l’on doit une
traduction intégrale de la Bible hébraïque et du Nouveau Testament, et plus
récemment du Coran, annonce justement un nouvel ouvrage consacré à ces signes encourageants: "La reconnaissance. Le Saint-Siège et Israël". "Nous
avons été étrangers pendant des siècles, dit-il. Maintenant nous sommes obligés de nous reconnaître. Car pour la première fois, les chrétiens et les
musulmans se trouvent en minorité dans le pays où leur foi est née". Selon
lui, les juifs y sont majoritaires et ils mettront un point d’honneur à assurer la garde des Lieux Saints au nom de l’humanité". (apic/cip/jt/pr)