de chrétiens réunis pour une "route de la paix"
Florennes, 27décembre(APIC/CIP) Pour la troisième année consécutive en
Belgique, des chrétiens du nord et du sud du pays, pour la plupart des religieuses et des prêtres, se sont retrouvés dans le village wallon de Florennes pour une route priante dans l’esprit de Noël.
Cette prière publique était organisée par des groupes francophones et
néerlandophones de religieux et religieuses engagés pour la paix et la
justice. Elle a rassemblé à Florennes une bonne centaine de participants,
dont des habitants de cette localité de la province de Namur ou ont été
entreposés les seize premiers euromissiles de l’OTAN déployés sur le territoire belge. Des chrétiens protestants s’étaient également joints à la
démarche.
Ce rassemblement, les participants l’ont vécu le 21 décembre comme une
première célébration d’un "Noël de paix et de fraternité". Noël de paix,
car "marqué par la décision de retirer et détruire les euromissiles, notamment ceux entreposés à Florennes". Noël de fraternité, symbolisé par un sapin décoré de souhaits de paix et offert au personnel de la base américaine
de Florennes. Noël de fraternité et de solidarité avec le tiers-monde,
représenté sur place par deux religieuses indiennes vêtues du sari traditionnel. Une façon aussi de rappeler que "le désarmement est une des conditions du développement".
La paix : jusqu’ou ?
Après le traîté signé par MM. Reagan et Gorbatchev le 7 décembre à
Washington en vue d’un démantèlement des missiles à portée intermédiaire,
les organisateurs de la manifestation de Florennes ont aussi saisi l’occasion de faire le point sur le désarmement qui reste à promouvoir. Les organisateurs flamands ont notamment relevé :
" 1. Même après l’exécution de l’accord (de Washington) et de l’élimination entre autres des missiles de Florennes, il restera encore 97 pour cent
des moyens de dissuasion nucléaire à travers le monde.
" 2. Dans l’ensemble, il n’y a pas vraiment lieu de parler d’un désarmement des mentalités. Au contraire, on pense déjà à l’augmentation de l’armement conventionnel et à une puissance de défense (même nucléaire) qui
soit propre à l’Europe.
" 3. Qu’est ce qu’une ’paix’ qui se fonde sur la dissuasion (nu- cléaire) et sur la méfiance continuelle à l’égard de ’l’ennemi’ a à voir avec la
véritable paix de Noël, qui se construit sur la justice et l’amour, d’abord
en faveur des petits et des défavorisés ?
" 4. Est-ce que le fossé grandissant entre le nord et le sud n’est pas
une accusation terrible lancée contre la course aux armements et même contre le commerce des armes en Belgique ? Combien de temps cela va-t-il encore durer ?
" 5. Le ’traîté de paix’ est une première victoire spectaculaire du mouvement de paix, après des années d’engagement persévérant dans la conscientisation et l’action parmi la population, concluent les organisateurs flamands qui ajoutent : "nous voulons en faire mémoire avec reconnaissance; en
même temps, les fondateurs de ce mouvement veulent y chercher un encouragement pour aller de l’avant et en tout cas rester vigilants : plutot actifs
aujourd’hui que radio-actifs demain." (apic/cip/bd)