Belgique: 70 ans après le cardinal Mercier, (150293)
Malines, 15février(APIC) "Dans cet endroit, où on a déjà vécu des espoirs
et des visions nouvelles, j’aimerais lancer un défi à nos deux Eglises pour
qu’elles se répondent mutuellement". En pèlerinage à Malines, et au pied de
la tombe du cardinal Mercier, Mgr Carey, archevêque de Canterbury et président de la Communion anglicane, en présence du cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a lancé un appel à l’ouverture et à l’oecuménisme. Il a invité à aller de l’avant en tenant compte des "richesses de la
diversité", cela dans un "engagement et un partenariat plus audacieux".
Mgr Carey, qui rendait visite aux Communautés européennes les 13 et 14
février à Bruxelles, a rencontré Mgr Danneels et lancé son appel dans le
cadre d’une célébration oecuménique organisée en l’honneur du cardinal Mercier, promoteur des Conversations de Malines entre anglicains et catholiques entre 1921 et 1926. Plusieurs autres personnalités anglicanes, catholiques, du Patriarcat oecuménique de Constantinople, du Patriarcat de Moscou et de l’Eglise protestante unie de Belgique, participaient à la cérémonie.
Mgr Carey a certes fait part de la déception anglicane devant la réponse
romaine donnée au premier texte de la commission de dialogue anglicane-catholique romaine (ARCIC I) et face à l’embarras des catholiques devant la
décision anglicane, un peu partout dans le monde, d’ordonner des femmes à
la prêtrise. Mais il a tenu a souligner qu’il ne faut pas sous-estimer,
"malgré les divergences", le "long chemin déjà parcouru ensemble". Avant
d’insister sur la nécessité de "sauvegarder tout ce qui est déjà acquis".
Si "la ferveur dont on faisait preuve dans les années 20 allait au-delà
de l’ignorance et de l’incompréhension voire des sentiments de profonde méfiance", il ne faut pas oublier que "le mouvement oecuménique qui a commencé au début de ce siècle, puis "le changement prophétique qu’a apporté Vatican II ont donné naissance à des développements qu’on aurait jamais pu
imaginer", a-t-il déclaré.
Les instruments de partenariat restent essentiels
Aux yeux du primat anglican, les instruments de partenariat mis en place, dont l’ARCIC I, restent essentiels. Mais "il y a encore de vastes terrains où nous devons apprendre à utiliser notre imagination créatrice, à
être plus audacieux. Il se peut que ce soit précisément là que nous différons le plus, que nous devons apprendre le plus les uns des autres".
Mgr Carey a alors lancé "un défi" aux deux Eglises "pour qu’elles se répondent mutuellement". Ce défi porte d’abord sur "la nécessité d’une plus
importante étude théologique de la nature de l’unité ecclésiale et sacramentelle; sur une unité grandissante ensuite, qui pourrait naître aussi
grâce à ce que les théologiens appellent des "chemins de partage". Mgr Carey a retenu trois domaines qu’il juge particulièrement significatifs: le
culte, la mission et le témoignage, l’action sociale et la recherche du rôle donné aux femmes...
"Si nous pouvons nous entendre sur la nature de la foi apostolique, a
conclu le primat anglican, comment resterons-nous divisés sur des doctrines
d’apparence secondaire?". (apic/cip/pr)