Belgique: 6e Rencontre mondiale des religions pour la paix (030592)
Bruxelles, 3mai(APIC) Perpétuant la tradition créée par le pape Jean Paul
II à Assise en 1986, la 6e Rencontre mondiale des religions pour la paix
aura lieu en Belgique du 13 au 15 septembre prochain. 300 responsables religieux, invités par le cardinal archevêque de Malines-Bruxelles Godfried
Danneels, sont attendus à Louvain. Les grandes lignes du programme des manifestations, dont la plupart seront publiques, sont maintenant connues.
Les organisateurs espèrent la venue de Mikhaïl Gorbatchev, qui n’a pas encore répondu à l’invitation.
Après Assise - où des représentants des Eglises chrétiennes et des douze
principales religions du monde s’étaient réunis à l’initiative de Jean Paul
II - d’autres rencontres de ce genre ont eu lieu à Rome, Varsovie, Bari et
Malte. Avec l’accord du Vatican, ces Rencontres annuelles sont organisées
depuis 1987 par une communauté chrétienne composée essentiellement de
laïcs, la communauté de Sant’Egidio, fondée à Rome en 1968 et présente aujourd’hui dans plusieurs villes européennes, dont Anvers, en Belgique.
La commission de préparation de la prochaine Rencontre mondiale des religions pour la paix, placée sous la présidence Mgr Luc Alfons De Hovre,
auxiliaire pour la communauté néerlandophone de Bruxelles, est composée de
18 personnes. La rencontre des religions du monde est bien un "signe des
temps" dans une société devenue multiculturelle et multireligieuse. On attend des croyants, remarque Mgr De Hovre, qu’ils montrent que la concorde
et la collaboration sont possibles dans le respect des différences. La
permanence des religions dans une société "sécularisée" - où les
institutions sociales et politiques se sont émancipées de la tutelle des
Eglises - révèle au moins que la dimension religieuse reste, à l’échelle
mondiale, une dimension importante de la vie des hommes.
Pas de "front religieux" contre la libre pensée
En plaidant pour une civilisation respectueuse de cette dimension qu’ils
considèrent comme "essentielle", les organisateurs tiennent aussi à manifester "une solidarité loyale à l’égard des valeurs authentiques véhiculées
par l’humanisme laïc et des personnes qui y sont attachées". Et Mgr De
Hovre d’insister: "Il ne saurait donc s’agir de dresser une sorte de ’front
religieux’ contre la libre pensée", un courant d’opinion fort répandu dans
un pays comme la Belgique.
"Nous n’avons pas toujours été des artisans de paix", reconnaissait
pourtant Jean Paul II, au nom de l’Eglise catholique, à la Rencontre d’Assise en 1986. Les autres responsables religieux partagent, eux aussi, la
conviction qu’il ne saurait y avoir de paix mondiale sans paix et sans dialogue entre les religions. Mais, notent les organisateurs, les Eglises, pas
plus que les autres religions, ne souhaitent se fondre dans un mélange sans
disctinction. Le dialogue interreligieux les amène, au contraire, à une
nouvelle interrogation sur leur identité. Pour caractériser l’esprit de
cette 6e Rencontre mondiale des religions pour la paix, Mgr De Hovre cite
le cardinal Mercier, archevêque de Malines de 1906 à 1926, et pionnier de
l’oecuménisme: "Pour s’unir, il faut s’aimer. Pour s’aimer, il faut se connaître. Pour se connaître, il faut se rencontrer". (apic/cip/be)