Colloque pour marquer les 25 ans de la revue de théologie "Concilium"
Louvain, 11septembre(APIC) 500 théologiens venus de 51 pays d’Afrique,
d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe, se sont rassemblés le 9 septembre à
Louvain (Belgique) pour un colloque d’une semaine organisé à l’occasion des
25 ans de la revue internationale de théologie "Concilium". Le colloque est
placé sous le thème général de cette rencontre: "Au seuil du troisième millénaire. En continuité avec Vatican II".
C’est en octobre 1962, au moment où s’ouvrait le Concile Vatican II,
qu’un petit groupe de théologiens, autour du Néerlandais Paul Brand, a lancé l’idée d’une revue internationale de théologie. Le premier numéro est
sorti en janvier 1965, quelques mois avant la clôture du Concile. Diffusée
dans sept régions linguistiques, elle en est aujourd’hui au numéro 227 et
peut compter sur 450 spécialistes attachés à différentes disciplines.
En 1970, la revue avait organisé à Bruxelles un premier congrès international sur l’avenir de l’Eglise. Vingt ans après, c’est l’heure de se préparer au 3e millénaire, a déclaré le président de la Fondation Concilium,
Antoine van den Boogaard (Pays-Bas), en ouvrant le colloque de Louvain.
Après avoir évoqué la mémoire de théologiens récemment disparus - le jésuite Karl Rahner, le dominicain Marie-Dominique Chenu et le jésuite Ellacuria, assassiné en novembre dernier à San Salvador -, le théologien hollandais a rappelé que la revue n’entendait pas être un groupe particulier
de pression, mais "fonder l’avenir de l’Eglise sur la recherche de tous".
Il a encouragé les théologiens à prendre davantage au sérieux les défis dérivant de l’évolution économique du monde et a insisté sur le dialogue dans
l’Eglise, où "les laïcs ont autre chose à faire que prier, payer, obéir".
Théologien: une vocation
Le cardinal Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, a ensuite fait un exposé durant lequel il a plaidé pour la vocation du théologien.
Exprimant la reconnaissance de l’Eglise pour le travail accompli par les
théologiens au cours des 25 dernières années, il a insisté aussitôt: "Aujourd’hui, la mission des théologiens est encore plus nécessaire, même si
leur travail comporte des risques. Car l’Eglise se doit de proclamer la
vérité face aux nombreuses questions qui se posent. La vérité rend libre.
Le théologien est en quête de liberté et de fidélité à la vérité". Le cardinal a encouragé les théologiens à poursuivre leur travail, dans la pluralité "normale" de leurs approches.
Etre théologien, c’est-à-dire mener et partager une réflexion sur l’expérience chrétienne, c’est "une vocation véritable et essentielle à la vie
du peuple de Dieu", a souligné l’archevêque de Malines-Bruxelles, qui a relevé trois aspects majeurs dans cette vocation. D’abord, chaque théologien
est appelé à une vie intense de prière et de foi. Ensuite, sa discipline
est une authentique discipline scientifique, avec la rigueur qui la caractérise et son ouverture toujours souhaitable tant à la philosophie qu’aux
sciences. Enfin, membre du peuple de Dieu, le théologien doit à la fois
communiquer l’enseignement de l’Eglise sans l’altérer, mais aussi avoir
l’audace de proposer de nouvelles perceptions, dans le respect de tout un
chacun. Le théologien doit donc vivre en communion avec le peuple de Dieu,
s’armer de patience en comptant sur le temps nécessaire aux maturations et
cultiver le dialogue fraternel avec les autres théologiens et le magistère.
Saluant les efforts déjà entrepris par "Concilium" pour favoriser le
dialogue entre les théologiens, le cardinal Danneels a confié son désir "de
voir un jour un espace où toutes les tendances théologiques puissent se
rencontrer".
Quant aux relations entre le magistère de l’Eglise et les théologiens,
le cardinal Danneels a déclaré: "Il est vrai qu’actuellement, il y a dans
le ciel des nimbus et des cumulus. Qu’il y ait des perturbations dans les
relations n’est pas nouveau. C’est un appel adressé à l’Eglise, qui a tout
intérêt à réfléchir à l’articulation entre les diverses vocations, notamment entre celle des pasteurs et des théologiens. Il faudrait notamment réfléchir au statut scientifique et au statut ecclésial du théologien: même
s’il existe des documents en la matière, tout n’est pas dit".
En conclusion, le cardinal Danneels a souhaité aux théologiens le souci
de cultiver un attachement aux sources diverses de leur fidélité: fidélité
à leur propre foi, aux exigences scientifiques, aux appels du monde d’aujourd’hui. Et d’ajouter, en référence à une parole de Newman: "Votre conscience a des droits puisqu’elle est responsable".
Avec Vatican II
Autre exposé fait à Louvain sur le sujet "En continuité avec Vatican
II": celui du spécialiste italien de l’histoire de l’Eglise, Giuseppe Alberigo.
Rappelant la nouvelle conscience et la nouvelle dynamique suscitées depuis 25 ans par le Concile Vatican II, G. Alberigo a montré combien, au-delà des documents, le Concile a invité l’Eglise à partager la condition humaine, à reprendre son habitude d’être en route, de vivre en recherche et
dans la proximité avec les pauvres.
Evidemment, ce n’est pas en quelques mois que les perspectives dégagées
au Concile peuvent être assimilées: comme pour tous les conciles importants, la réception de Vatican II demande du temps, avertit l’historien.
Inutile donc d’imputer au Concile des effets qui résultent de causes antérieures, comme par exemple pour la crise du clergé. En revanche, G. Alberigo estime que les perspectives conciliaires sont encore reçues trop timidement. Jean Paul II proclame la fidélité à Vatican II, constate-t-il, mais
dans le même temps, le fonctionnement très bureaucratique du Vatican ne va
pas toujours dans le sens du Concile. Est-ce toujours pour défendre "la foi
des simples gens?" La justification est facile et on y a souvent recours
abusivement.
Pour G. Alberigo, la continuité avec Vatican II implique l’exigence, à
la fois joyeuse et rigoureuse, d’une nouvelle recherche, car "on ne peut
répondre aux questions d’aujourd’hui par des réponses données en d’autres
temps et d’autres lieux". Mais la recherche nouvelle ne saurait être le monopole de personne: elle exige la participation de tous, depuis le pape
jusqu’au plus humble des chrétiens. En outre, l’Eglise, sous peine de se
réduire à une secte, ne peut se couper du monde ni des questions qui traversent le peuple de Dieu dans ses régions et cultures particulières.
Giuseppe Alberigo a souhaité pour "l’Eglise toujours en chemin" que les
théologiens l’aident à assumer ses exigences de fidélité et de créativité,
à vivre dans la liberté responsable et dans la communion. (apic/cip/pr)
De Rome: Interview de l’ambassadeur d’URSS auprès du Saint-Siège concernant
les relations URS-Vat.
"30 Jours" aussi en allemand. Changement de rédacteur en chef
Je sonne encore une fois JT vers 16 heures.