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    Barcelone: 1492-1992: (141287)

    "Penser l’Amérique sans gloire et sans remords"

    Barcelone, 14décembre(APIC) La conférence "Pourquoi ce fut l’Espagne qui

    découvrit l’Amérique?"de Manuel Prado y Colon de Carvajal descendant du navigateur, Christophe Colomb, ouvrit jeudi 10 décembre à Barcelone les

    journées intitulées "Trobada amb Amèrica" (Rencontre avec l’Amérique). Ces

    dernières se sont achevées samedi dans la soirée. Le président du parlement

    catalan a inauguré officiellement ce symposium honoré par la présence de

    l’Ambassadeur de Colombie en Espagne, son excellence Pedro Gómez Valderrama.

    Ces journées sont la préparation des Fêtes de la Commémoration qui auront lieu en 1992. Ces dernières sont très controversées en Espagne, car la

    colonisation de l’Amérique latine qui a suivi sa découverte est, pour de

    nombreux Espagnols, loin d’être une victoire qu’il faut commémorer.

    L’"Ambio de investigacion y difusion Maria Corral", groupement d’inspiration humaniste et chrétienne, organisateur de ces journées de réflexion

    sur la découverte du Nouveau Monde, a rejeté d’entrée toute attitude de

    "vaine gloire ou de remord" face à ce phénomène. Il est un fait que si

    l’Espagne n’avait pas envoyé ses caravelles, d’autres pays l’auraient fait

    aussitôt: l’Angleterre ou la France. Le développement de la navigation aux

    XVème et XVIème siècles rendait cet événement irrévocable.

    1992: une réflexion au service de l’humanité

    1992 sera pour Barcelone une date extrêmement importante: les jeux

    olympiques coïncideront avec le 500ème anniversaire du retour de Christophe

    Colomb sur les rives catalanes après son périple qui l’amena à la

    découverte de l’Amérique. Mais selon Manuel Prado, tout acte de commération

    est une "liturgie", dans le sens grec de "service". Dans son intervention,

    il a insisté sur les conditions psychologiques, économiques et politiques

    qui ont favorisés l’Espagne plutôt que d’autres empires (la Chine, les

    Arabes ou les Vikings) dans cette aventure. Le monde méditerranéen

    réunissait en effet toutes les conditions favorables pour la bonne réussite

    de l’expédition. Mais ni Venise, ni le Portugal n’acceptèrent de souscrire

    au projet "fou" de Colomb.

    L’union de la Castille et de l’Aragon par le mariage d’Isabelle et de

    Ferdinand ainsi que la disparition du dernier bastion musulman d’Espagne à

    Grenade, précisément au début de 1492, devaient être symbolisées par un acte de prestige à la gloire de la chrétienté. Mais cette découverte qui

    n’était que l’héritage médiéval d’une conception territoriale et religieuse

    de l’expansion, devait ouvrir une nouvelle ère historique et économique,

    caractérisée par le mercantilisme.

    Le passé et le futur de la découverte de l’Amérique

    Le professeur de philosophie de l’éducation de l’Université Autonome de

    Barcelone, M. Octavi Pullat, a constaté dans sa conférence intitulée:"1492,

    l’éducation impossible", l’incapacité de la rencontre entre la macrocivilisation du blé ou occidentale avec la macrocivilisation du maïs ou précolombienne, chaque civilisation étant un système en soi résistant à toute influence extérieure. C’est pourquoi la couronne de Castille, désirant modifier les habitudes et coutumes des indigènes, ne fît pas seulement un acte

    d’éducation, mais de rééducation. Cette lutte à mort contre la civilisation

    du maïs se fît, par exemple au Mexique, par la prise en charge d’enfants

    (garçons et filles) dès le bas-âge dans des monastères pour être éduqués

    selon les principes européens. Actuellement la civilisation du maïs est en

    train de mourir, car de plus en plus les sphères dirigeantes, et le monde

    scientifique réagissent selon les critères de la macrocivilisation occidentale.

    Mais cette vision pessimiste du monde latino-américain a été compensée

    par l’intervention de l’ingénieur Francisco Vinas Rexac sur "les moyens de

    communication sociale en Amérique". Ce dernier, soulignant les difficultés

    géologiques qui empêchent les relations entre l’Atlantique et le Pacifique,

    a exprimé son espoir dans le développement de la télématique, de plus en

    plus bon marché. Dans quelques années, n’importe quel lieu isolé d’Amérique

    latine sera en contact avec le reste du monde et ceci grâce à un ordinateur

    et à une antenne parabolique. Mais il est nécessaire que l’information soit

    partagée par le plus grand nombre de personnes. Cette meilleure répartition

    de l’information est également liée à un "Nouvel ordre économique". Ce

    thème fut brièvement développé par l’économiste Jordi Casso, qui est partisan de la redistribution de la richesse basée sur un salaire digne que chaque être humain devrait pouvoir recevoir par le simple fait d’exister.

    (apic/cr/bd)

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