Baptême, eucharistie et confirmation : la FEPS met en garde (310190)
Ne pas perdre la confiance des Eglises soeurs
Zurich/Fribourg, 31janvier(APIC) La Fédération des Eglises protestantes
de la Suisse (FEPS) a peur de perdre la confiance des Eglises soeurs si ses
membres, les Eglises réformées des différents cantons, ne respectent pas
les accords qu’elle a passés notamment en matière de baptême, avec l’Eglise
catholique romaine et l’Eglise catholique chrétienne et cèdent à la tentation de faire cavalier seul.
Les Eglises réformées de Suisse accordent au baptême une signification
importante et elles se sentent liées en cela à l’Eglise catholique romaine
et à l’Eglise catholique chrétienne. C’est ce que souligne la FEPS dans une
lettre adressée aux Eglises membres et qui se réfère à une "reconnaissance
mutuelle du baptême" signée en 1973 par les Eglises réformées, l’Eglise
catholique romaine et l’Eglise catholique chrétienne. Le Conseil de la FEPS
réagit par cette lettre aux remarques des évêques suisses selon laquelle
les Eglises cantonales pourraient à l’avenir admettre des personnes non
baptisées au repas eucharistique.
Selon une nouvelle publiée mercredi par le service de presse protestant
(epd) à Zurich, la révision par plusieurs Eglises membres de la FEPS de
leur constitution et de leurs règlements ecclésiastiques a conduit en
maints endroits à des discussions nourries à propos du baptême, de la l’eucharistie et de la confirmation. Lors de leur rencontre annuelle avec le
Conseil de la FEPS les 22 et 23 septembre dernier à Kappel am Albis (ZH),
les évêques suisses (CE) avaient manifesté leur crainte "devant le fait que
certaines Eglises membres de la FEPS ne font plus tellement le lien entre
le baptême et la sainte cène", relève la FEPS dans sa lettre aux Eglises
membres. "L’interprétation des évêques, souligne la FEPS, c’est que du côté
protestant, on n’accorde plus au baptême l’importance que les accords de
1973 présupposaient et qu’il faudrait se demander si de telles manières
d’agir ne vont pas contre l’esprit ou la lettre de la reconnaissance de
1973".
Ne pas remettre en cause les perspectives communes
Dans la circulaire envoyée à la mi-janvier aux Eglises membres, la FEPS
constate que les questions du baptême, de l’eucharistie et de la confirmation ont déjà été traitées dans quatre documents publiés entre 1979 et
1986. Lors de l’assemblée des délégués de Locarno en 1986, la FEPS a "montré que nous sommes en mesure, comme fédération d’Eglises, d’arriver à des
perspectives concordantes, même sur des points de doctrine (...) Nous trouverions vraiment dommage et attristant que ces perspectives communes soient
remises en question sans raison majeure".
"Il en va de la crédibilité et du crédit accordés à notre témoignage
évangélique et réformé. Il en va également de la solidarité au sein de notre fédération", souligne la FEPS, qui demande aux Eglises de "soumettre
les questions qu’elles se posent à propos du baptême, de la sainte cène et
du ministère à l’ensemble des Eglises rattachées à la FEPS en vue d’une recherche commune".
Eviter la perte de crédibilité
Le Père Roland Trauffer, secrétaire de la Conférence des évêques suisses
(CES), n’a pas voulu prendre position directement sur la circulaire de la
FEPS; il voit cependant en elle le signe "que les entretiens annuels entre
la FEPS et la CES sont pris au sérieux". "Au sein de la CES, nous étions
vraiment inquiets sur ces questions (baptême, eucharistie et confirmation)", a confié le Père Trauffer à l’agence APIC. La FEPS craint de ne
plus être considérée comme un partenaire digne de confiance dans le contexte oecuménique si ses Eglises suivent leur propre chemin. (apic/slc/cor)