Bâle: Rassemblement oecuménique européen (190589)
Bâle, 19mai(APIC) Si les chrétiens sont conscients que la paix, "le shalom de Dieu", garantit à tout et à tous refuge et vie, force est aussi de
reconnaître que, pas plus que quiconque, ils n’ont su préserver cette paix,
a déclaré le pasteur Anne-Marie Schönherr, vice-présidente du Conseil des
Eglises de RDA, en prenant la parole vendredi matin 19 mai, devant les
délégués du Rassemblement oecuméniques européen de Bâle.
"Nous avons trahi le shalom, dit-elle. Nous l’avons coupé en deux. Notre
conception de la justice s’est limitée aux droits en vigueur, à sa violation et à son exigibilité... Nous en avons détaché la justice, et l’autre
moitié, la part précieuse, la paix, nous l’avons limitée avant tout au domaine du croire, séparé de celui du faire".
Pourtant, a poursuivi la vice-présidente du Conseil des Eglises de RDA,
les signes d’espoir sont là - dialogue entre les Eglises; regroupement de
femmes qui demandent que "la politique et le quotidien, le public et le
privé forment un tout"; recherche pour élaborer une "mentalité fondamentalement nouvelle"... Il faudra aller plus loin: "Renoncer à concevoir et
fabriquer des armes"; "libérer des moyens financiers pour l’aide aux pays
en voie de développement"... Il faut voir aussi que l’Europe ne saurait se
réduire à la Communauté économique européenne ou à l’OTAN...
Selon elle, les chrétiens ont une importante responsabilité dans
l’établissement du dialogue entre confessions, entre croyants et autres religions, avec les marxistes... en sachant que "la pluralité signifie enrichissement et que tendre vers l’unité d’une super Eglise n’a aucun sens".
Et le pasteur Anne-Marie Schönherr de conclure sur une vision d’avenir, en
envisageant le jour ou "l’anachronisme des frontières sera enfin surmonté... le moment sera venu d’organiser une grande fête dans la maison
commune... au buffet, on servira des spaghetti napolitains, de la korvlada,
du bigos et du bortsch, du hachis parmentier et du stollen de Dresde..."
(apic/mjh/pr)