finale du Rassemblement oecuménique européen "Paix et Justice"
Bâle, 16juin(APIC) Le Document final du Rassemblement oecuménique
européen "Paix et Justice" (Bâle, 15 au 21 mai) paraîtra dans sa version
officielle française dans quelques jours. Il recommande l’instauration dans
le monde d’un Nouvel ordre écologique/économique international. Partant des
"menaces mortelles qui pèsent actuellement sur l’humanité", il rappelle que
ses auteurs - les 638 délégués de la Conférence des Eglises européennes
(KEK) et du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE) fondent leur foi en Jésus-Christ et veulent "également dialoguer avec les
croyants d’autres religions ou convictions".
La structure du document correspond aux trois étapes : voir (Les défis à
relever, juger (La foi que nous affirmons; confession du péché et
conversion à Dieu), agir (Vers l’Europe de demain).
Dans la première partie, les délégués de tous les pays d’Europe, à l’exception de l’Albanie, se disent conscients du fait "qu’une discussion
fondée sur les armes de destruction massive ne peut préserver la paix".
C’est pourquoi "il faut abolir la guerre en tant qu’institution".
Ils constatent une "féminisation de la pauvreté" : "l’injustice, la
guerre et la dégradation de l’environnement affectent les femmes plus
directement et violemment que les hommes. Les femmes constituent cette
moitié de l’humanité qui souffre le plus de la crise actuelle. Et les
enfants en sont aussi les victimes les plus gravements touchées."
Et de dénoncer : "La technologie, au lieu d’être au service de
l’humanité, est devenue une menace pour son avenir".
Les délégués des Eglises orthodoxes, catholiques et protestantes sont
unanimes à proclamer, dans la deuxième partie, l’Evangile de Paix : "La
vraie paix est toujours une paix dans la justice". "Il nous incombe,
affirment-ils, de reconsidérer l’éthique qui autoriserait à ’dominer’ la
création alors que l’humanité devait être intendante et servante de la
création".
Le document se fonde sur une solide théologie de l’Ancien et du Nouveau
Testament, sur les Pères de l’Eglise et la théologie biblique de la paix et
de la justice. Il regrette qu’au moment où les chrétiens recherchent et
agissent en faveur de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la
création (JPSC), la séparation des Eglises les empêche de communier à la
même table.
C’est pourquoi les délégués appellent chrétiens et Eglises à se repentir
de leurs division entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, et les
engagent à surmonter l’idôlatrie de la violence et du militarisme.
Pour la remise de la dette
Dans la troisième partie, le document final du Rassemblement de Bâle
reconnaît dans les moyens non violents "la meilleure manière de réaliser le
changement en Europe. Dans nos pays et sur notre continent, il n’existe
aucune situation qui exige ou justifie le recours à la violence".
Les auteurs du document "invitent les gouvernements européens à faire
tout ce qui est en leur pouvoir pour éliminer les conditions et les mesures
qui font des gens des réfugiés et les obligent à rechercher ailleurs un
avenir pour eux-mêmes et leurs enfants en quittant leur pays". Ils exigent
également "l’application de tous les accords sur les droits de l’homme".
Ils recommandent que la dette extérieure soit remise aux pays pauvres et
que l’on "crée les conditions nécessaires pour empêcher tout nouvel endettement de l’ampleur actuelle".
Pour les délégués de Bâle, qui entérinent de manière oecuménique une
position prise dans chaque Eglise depuis des décennies, "le racisme est un
péché", et "l’apartheid doit être aboli".
Ils appellent par ailleurs l’Union soviétique, les Etats-Unis et les
pays d’Europe à poursuivre leurs négociations en vue du désarmement, et à
"s’abstenir de toute utilisation militaire de l’espace et de
l’Antarctique". Il faudrait, ajoutent-ils "que le système de dissuasion
nucléaire soit aboli et remplacé par un autre système de sécurité moins
dangereux".
Ils rappellent encore le droit à l’objection de conscience face au
service militaire, et la nécessité de créer, dans les pays où il n’existe
pas encore, un service civil.
Dans le domaine écologique, les délégués du CCEE et de la KEK réclament
des économies de combustibles fossiles et "le développement de sources
d’énergies renouvelables (soleil, eau, vent)". Ils constatent que selon le
rapport Brundtland, il est techniquement possible de réduire de 50% la
consommation d’énergie par habitant dans les pays industrialisés et
d’augmenter de 30 % cette consommation dans les pays du Tiers-Monde."
Ils veulent en outre "un réglement international contrôlable pour
l’élimination des déchets, ainsi qu’une législation et un système de
contrôle strict de la recherche et de l’ingénierie génétiques ainsi que des
codes de conduite professionnels".
Le document se termine par un appel au dialogue avec les adeptes des
autres religions et les êtres humains de bonne volonté en vue de réaliser
la paix, la justice et la sauvegarde de la création. (apic/soe/bd)