Bâle : interview de Mgr Amédée Grab (190589)
Bâle, 19mai(APIC) "L’eucharistie n’unit pas encore les chrétiens : c’est
pourquoi il nous faut, dans le document final, parler du baptême. Car
l’Eglise du Christ est une par le baptême", a déclaré, à l’agence APIC, Mgr
Amédée Grab, évêque auxiliaire du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg,
et membre de la délégation suisse au Rassemblement oecuménique européen de
Bâle.
Pour Mgr Grab, en effet, la liste des délégués répartis par pays et par
Eglise, produit "l’impression d’un certain émiettement". Mais, ajoute-t-il,
de nombreux regroupements ont eu lieu selon les intérêts et les régions. "A
travers ceux-ci, on arrive à des productions communes", affirme-t-il. Certes, les pierres d’achoppement sont nombreuses : différentes conceptions de
l’Eglise, place des femmes, culpabilité ou responsabilité de l’Eglise,
constate Mgr Grab.
Sur ce dernier point, il relève que "suivant l’Eglise à laquelle ils appartiennent, les chrétiens apportent des réponses différentes. L’Eglise de
Jésus-Christ en tant qu’épouse du Saint-Esprit est toute entière sainte...
mais n’est composée que de pécheurs. Et les chrétiens ont commis des manquements innombrables..."
Toutefois, Mgr Grab déclare : "J’ai une impression très positive de ce
rassemblement, c’est une espérance vivante". Ce qui le montre, c’est qu’autant de personnes, jeunes, hommes et femmes, hommes politiques, etc, soient
venus ici à Bâle, qu’ils aient déjà auparavant préparés intensivement cette
rencontre et que des milliers de personnes aient participé jeudi à la marche des trois frontières. Jusqu’à maintenant ce sont seulement les évêques
et les représentants des Eglises non-catholiques qui se rencontraient dans
le cadre de rencontres oecuméniques entre la Conférence des Eglises d’Europe (KEK) et le Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE),
relève Mgr Grab. Ici à Bâle, la hiérarchie et la base sont ensemble, c’est
absolument unique et impressionnant. Mais ainsi ce Rassemblement n’est pas
un Concile - c’est pourquoi j’étais contre l’appellation "Concile pour la
paix" - et il n’a pas le poids d’un Synode des évêques. Pourtant les
chrétiens d’Europe doivent écouter le message de ce Rassemblement.
Avant le début du Rassemblement, on avait exprimé des craintes que cette
rencontre soit politique. Mgr Grab n’en a pas eu l’impression, en tout cas
pas dans le sens qu’une nation serait ici prépondérante ou qu’il y ait eu
lutte entre "conservateurs" et "verts". Il s’agit plutôt de trouver des solutions concrètes dans le domaine de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. Cela ne peut être réalisé que par des moyens politiques, la conversion seule ne suffit pas, nous ne pouvons nous dispenser de
parler de problèmes politiques, a-t-il conclu. (apic/mjh/eg/bd)