Bâle, 17mai(APIC/Marie-Jo Hazard) Le thème de l’Alliance conclue par Dieu
avec Noé après le Déluge a été repris par le professeur Mario Pavan, ancien
ministre italien de l’environnement, lors de la conférence qu’il a donnée
mercredi 17 mai au matin devant les participants du Rassemblement oecuménique européen "Paix et Justice" à Bâle. Pour sa part, Maria Lourdes de Pintasilgo, ancien ministre du gouvernement portugais, parlementaire européen
et membre du Club de Rome, intervenant également ce mercredi matin, a situé
les problèmes de l’écologie dans une approche globale de la justice.
Après avoir rappelé le texte de la Genèse (9,8-11), le professeur Pavan
a déclaré: "Il en découle que le chrétien doit faire alliance avec la création comme Dieu l’a fait avec tous les être vivants, qu’il doit la protéger
de la destruction et éviter l’extinction des espèces".
"Depuis la lointaine époque biblique, a poursuivit Mario Pavan, des
temps anciens à aujourd’hui, toutes les religions ont exhorté les hommes à
ne pas dissiper les biens de la nature, à entretenir le monde avec soin et
efficacité, à respecter les créatures animales et les plantes. Mais malheureusement, comme dit le Livre des proverbes (1,7), sagesse et éducation,
les fous s’en moquent".
La seule issue à cette situation est, pour l’universitaire italien, "que
l’organisation des Nations Unies prenne elle-même pleinement conscience de
la transformation de la nature et de l’origine des dangers qui menacent
l’humanité, et qu’elle adopte des résolutions en conséquence". Car
l’écologie est un instrument de paix. "La paix et la justice sont des
attentes fondamentales de tous les peuples, de même que l’aspiration à
vivre dans un environnement meilleur. Les chrétiens devraient s’unir aux
hommes d’autres religions pour proposer une stratégie mondiale visant à
l’amélioration de la vie de l’homme, en assurant ainsi l’espérance et
l’attente de toute l’humanité".
Découvrir une nouvelle dimension de la justice
Maria Lourdes di Pintasilgo a, pour sa part, affirmé que "l’injustice
n’est plus un mal temporaire. Non. Elle est à la fois institutionnalisée et
planétaire". Les enjeux sont imbriqués et les acteurs multiples : la dette
du Tiers-Monde et les moyens pour s’en acquitter ont des liens avec l’écologie (épuisement des sols, déforestation...), avec aussi le réchauffement
du climat, avec le droit de chaque personne à vivre. "Aucun gouvernement ne
peut moralement imposer à la population des privations incompatibles avec
la dignité humaine", a déclaré Mme de Pintasilgo.
L’injustice institutionnalisée oblige aussi à prendre conscience de nouveaux droits, a affirmé avec conviction la conférencière : droit de la reconnaissance de la contribution de chaque personne à la société, droit à un
environnement sain, droit des faibles et des démunis à la dignité, droit à
l’information...
"Faire face à l’injustice, c’est au tout premier abord se saisir de la
complexité du réel"... et reconnaître que "tout est pluriel". Dans de
telles conditions, poursuit-elle, rechercher aujourd’hui la justice, c’est
"s’acheminer vers une nouvelle éthique". Car enfin, "le travail que le
chrétien peut faire pour la justice dans la société est inséparable du
travail qu’il fait en lui-même pour devenir juste". (apic/mjh/bd)