Baisse de la pratique religieuse en Hollande (300888)
Amsterdam, 30août(APIC) Dix-sept églises d’Amsterdam sont vouées à la
fermeture, dont 10 avant 1990 et 7 autres jusqu’en 1995, révèle le journal
catholique "La Croix". Selon ce dernier, une commission ad hoc avait été
créée il y a trois ans par la doyenneté d’Amsterdam dans le but de dresser
la liste des églises appelées à disparaître. "Il y a trop d’églises pour de
moins en moins de pratiquants et trop peu de prêtres", explique Jan Van den
Eynden, curé d’une paroisse de la capitale.
Dans quelques semaines déjà, les démolisseurs s’occuperont du sort de
l’église Vincentius, dans le vieux quartier ouest d’Amsterdam. Le promoteur
immobilier lancera alors son programme de construction: des habitations et
des commerces. Cette église n’est du reste pas la première à subir
semblable destin. D’autres lieux de cultes de la capitale néerlandaise
l’ont connu auparavant. le sort de 4 autres églises devant encore être fixé
d’ici à l’an 2000, c’est donc près de la moitié des 45 églises d’Amsterdam
qui pourraient à terme disparaître.
Selon le curé Jan Van den Eyden, avec une fréquentation hebdomadaire
moyenne de 12.000 fidèles, au lieu de 45.000 en 1970, ces 45 églises représentent une capacité d’accueil et une charge financière surdimensionnées.
La baisse des vocations alourdit encore le problème, relève-t-il en précisant: 112 prêtres exerçaient leur ministère à Amsterdam, il y a dix-huit
ans; ils ne sont plus que 38. Le doyen, Jap Suidgeest, résume ainsi la situation: "Notre costume est devenu trop grand, il faut le retailler".
"Hormis la lettre de protestation du Conseil paroissial, il n’y a pas eu
de vraie mobilisation", constate le Père Fons Bram, dont l’église paroissiale de Sainte-Agnès devrait fermer d’ici à deux ans. "Quelque 3.000 paroissiens avaient reçu une pétition, seuls 270 l’ont signée", fait-il remarquer en ajoutant que la tonalité dominante est le fatalisme. "En apprenant la désignation de leur église par la commission ad hoc, les paroissiens - des personnes âgées essentiellement - ont bien sûr accusé le coup.
Ce dimanche là, on a pleuré", se souvient J. Van den Eyden.
Pour ce dernier, au-delà du nombre de ses paroissiens ou de ses bénévoles, "mon église a une fonction sociale: c’est un point de rencontre entre
gens, notamment âgés, qui vont être un peu plus isolés encore si elle disparaît". Il ajoute: "Fermer les églises veut dire que l’Eglise ne montrera
plus son visage".
Quoi qu’il en soit, les fermetures d’églises semblent bien inéluctables.
Et beaucoup seront par la suite détruite. "A l’exception peut-être de trois
ou quatre qui seront classés monuments historiques ou reprises par la municipalité à des fins culturelles", déclare J. Suidgeest. (apic/cx/pr)