"persona non grata" par l’archevêque de Salzbourg
L’évêque d’Amazonie ne partage pas la version
officielle de la "découverte" de l’Amérique
Salzbourg, 19 mars(APIC) Mgr Georg Eder, archevêque de Salzbourg, a mis
son veto à l’invitation de Mgr Erwin Kräutler, "l’évêque des Indiens" du
Brésil, qui devait être orateur officiel des "Salzburger Hochschulwochen"
(Semaines académiques de Salzbourg). Il reproche à Mgr Kräutler, évêque de
la prélature territoriale de Xingu, en Amazonie, sa position "unilatérale"
face à la version officielle de la "découverte" de l’Amérique par Christophe Colomb. L’évêque originaire du Vorarlberg, comme président du Conseil
Indigéniste Missionnaire (CIMI) de l’épiscopat brésilien, a dénoncé à plusieurs reprises le "génocide" des Indiens d’Amérique.
Connu en Suisse - il fut un invité de marque lors de la campagne de Carême 1989 -, Mgr Kräutler a souvent été victime de campagnes de presse mises en scène par des grands propriétaires terriens brésiliens pour avoir
pris la défense des droits des Indiens et des paysans sans terre et lutté
contre la destruction de la forêt amazonienne. En 1987, il a failli être
tué dans un attentat déguisé en accident de la route, au cours duquel l’un
de ses prêtres perdit la vie.
A propos du 500e anniversaire de l’évangélisation de l’Amérique que
l’Eglise fête cette année, Dom Erwin affirme: "Pour l’Eglise, c’est 500 ans
d’évangélisation. Pour les Indiens, c’est 500 ans de résistance!" L’archevêque de Salzbourg, qui a invité à sa place le cardinal Joseph Ratzinger,
préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à déclaré dans la
feuille diocésaine "Rupertus-Blatt" : "D’après ce que je sais des déclarations de Mgr Kräutler, elles sont unilatérales, pour ne pas dire plutôt de
gauche".
Pour Mgr Eder, il est faux de dire que l’Eglise en Amérique latine a détruit la culture et travaillé main dans la main avec les conquistadores. Au
contraire, estime-t-il, l’Eglise a encouragé la culture. Il met également
en doute que 90 % de la population indienne ont péri lors de la colonisation, relevant que les guerres internes ont fait également fait de nombreuses victimes, ainsi que les épidémies qui ont été apportées. De plus, le
pape Jean Paul II a expressément dit qu’il y avait motif à fêter ce 500e
anniversaire, note-t-il, car pour Mgr Eder, toute une partie du monde a
alors été évangélisée et a reçu la Bonne Nouvelle. (apic/kpr/be)