"front du refus" pour dénoncer une campagne xénophobe
Vienne, 22janvier(APIC) Une campagne en faveur d’"une autre politique à
l’égard des étrangers", plus restrictive et qui émane des milieux de droite
voire d’extrême droite, bat actuellement son plein en Autriche. Ses promoteurs doivent compter avec l’opposition de différents partis ou groupes,
ainsi que de l’Eglise catholique, favorables à plus d’ouverture.
La campagne, qui culmine au cours de cette dernière semaine de janvier,
est organisée à l’initiative des radicaux de droite du "Freiheitlichen Partei Oesterreich" de Jörg Haider. Un slogan: "l’Autriche d’abord"; un objectif: récolter un million de signatures réclamant l’organisation d’un référendum en vue d’une "radicalisation" drastique de la législation autrichienne sur l’asile accordé aux étrangers.
En dépit des tentatives de Jörg Haider de diviser l’Eglise catholique,
celle-ci est restée ferme. Le cardinal Franz König, ancien archevêque de
Vienne et Mgr Florian Kuntner, évêque auxiliaire de la capitale autrichienne, n’ont pas hésité à monter en première ligne, ce qui leur a valu d’être
pris à partis par celui qu’on qualifie de "Le Pen local".
Le "front du refus", qui s’est constitué pour faire échec au référendum
est porté par le parti social-démocrate OVP, par le président Thomas Klestil et par une Eglise unanime. En effet, aucun évêque n’a jusqu’ici osé
prendre publiquement parti en faveur du référendum. Déconcerté, Jörg Haider, qui se présente volontiers comme un "catholique pratiquant", s’en est
pris violemment à la hiérarchie, et en particulier au cardinal König et à
Mgr Kuntner, "représentants d’une Eglise de gauche".
Le 23 janvier, Mgr König et Mgr Kuntner prendront la parole au cours
d’une manifestation de masse qui se déroulera à Vienne et qui aura pour
slogan "Lichtermeer" (une mer de lumière). D’autres personnalités du monde
catholique et caritatif s’exprimeront à cette occasion. Ce rassemblement a
été précédé d’actions contre la xénophobie organisées ces jours dans une
vingtaine de villes, dont celles d’Innsbruck et de Salzbourg. (apic/cip/pr)