Une "Déclaration de Neuwaldegg" fait suite
au conflit entre Mgr Krenn et le P. Fischer
Vienne, 11 mars(APIC) Après la "Déclaration de Cologne" et la "Déclaration
de Lucerne" concernant les conflits à l’intérieur de l’Eglise catholique,
une nouvelle "Déclaration" circule depuis dimanche en Autriche. La "Déclaration de Neuwaldegg" plaide pour la liberté d’expression dans l’Eglise et
veut "assurer le respect de la dignité et des droits de l’homme". Elle fait
suite au conflit qui oppose Mgr Kurt Krenn, le nouvel évêque de St-Pölten,
au Père bénédictin Udo Fischer, qui a reproché à son évêque des dépenses
somptuaires. Mgr Krenn a demandé au P. Fischer de retirer ses allégations
sous peine de sanctions.
La "Déclaration de Neuwaldegg" a été publiée en conclusion de la conférence nationale de l’Action catholique autrichienne (KAÖ), une organisation
qui a exprimé à cette occasion "son grave souci pour l’avenir de l’Eglise
en Autriche". Elle s’inscrit dans le cadre des tensions intraecclésiales
qui secouent non seulement le diocèse de St-Pölten, mais toute l’Autriche.
Le conflit de St-Pölten oppose l’évêque diocésain, Mgr Kurt Krenn, au
Père Udo Fischer, curé de Paudorf et religieux de la célèbre Abbaye bénédictine de Göttweig. L’évêque a menacé, le 4 février, de destituer le Père
Fischer de sa charge de curé si celui-ci ne retirait pas ses allégations
d’ici le 5 mars. Le Père Fischer avait accusé l’évêque d’être dispendieux
et lui avait reproché d’avoir rénové ses bureaux à St-Pölten pour un montant de 130’000 francs (SFr.), et de louer pour 1’700 francs par mois une
résidence secondaire à Vienne. Les menaces de sanctions faites par Mgr
Krenn ont suscité de vives réactions dans la région.
Le P. Fischer a souligné à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention de retirer ses déclarations et que des sanctions prises à son encontre
causeraient beaucoup de tort à l’Eglise. Une pétition de soutien au religieux bénédictin, adressée au nonce apostolique à Vienne, a réuni 21’000
signatures, tandis qu’une manifestation rassemblait quelque 6’000 personnes
le 28 février sur la place de la cathédrale de St-Pölten. L’évêque a déclaré alors: "Je veux bien pardonner, mais je ne veux pas céder".
Pour le droit à la liberté d’expression dans l’Eglise
"Nous refusons que des chrétiennes et des chrétiens intègres, clercs et
laïcs, soient mis au pas dans l’exercice de leur liberté d’opinion à l’aide
des mécanismes de la loi ecclésiastique", explique la KAÖ, l’association
officielle des laïcs de l’Eglise d’Autriche. Cette "Déclaration de Neuwaldegg" a été acceptée avec une seule opposition.
La formule "pardonner:oui,céder:non", employée par l’évêque de StPölten, n’est jamais, y compris dans la situation actuelle de conflit, un
instrument de dialogue, affirme la Déclaration. "En nous taisant maintenant, nous nous ferions complices des sorties d’Eglise qui se font en
silence." La Déclaration appelle encore les évêques, les prêtres et les
laïcs à rétablir dans l’Eglise d’Autriche une atmosphère de tolérance et à
assurer le respect de la dignité et des droits de l’homme. (apic/kpr/mp)