"Je suis assez fort " dit Mgr Krenn (210693)
St-Pölten, 21juin(APIC) 12’000 personnes selon la police, 15’000 selon
les organisateurs, ont manifesté dimanche soir sur la place de la cathédrale de St-Pölten près de Vienne contre la politique de l’évêque diocésain,
Mgr Kurt Krenn. La manifestation organisée par le cercle de solidarité
"Chemins d’espoir" a insisté sur le désir d’une Eglise plus fraternelle,
plus humaine, dans l’esprit de Vatican II et contre la ligne suivie par Mgr
Krenn dont plusieurs orateurs ont à nouveau réclamé la démission.
Sur les banderoles brandies par les manifestants on pouvait lire. "Pas
d’obéissance aveugle!" "Nous voulons un pasteur, pas un dictateur", "Celui
qui se tait approuve" ou encore "Cela vaut pour tous: Dieu est la vérité".
Les querelles autour de la personne de Mgr Kurt Krenn, évêque de St-Pölten, en Autriche, ont connu une nouvelle escalade ces dernières semaines.
Quelques mois après les tensions avec le Père bénédictin Udo Fischer, les
catholiques et l’opinion publique autrichienne n’ont pas compris que Mgr
Krenn ait pu soutenir dans ses déclarations le politicien d’extrême-droite
très controversé Jörg Haider.
Une phrase du théologien Rheinart Knittel, proche collaborateur de Mgr
Krenn, a également fait du bruit: "Beaucoup dans le diocèse reconnaissent
maintenant que pendant des années ils ont misé sur le mauvais cheval et
suivi une ligne d’Eglise menant à l’erreur. Notre tâche est de changer cela". Face à un tel reproche adressé indirectement à l’ancien évêque de StPölten, Mgr Franz Zak, Franz Stadler, président du Conseil des laïcs catholiques d’Autriche, a pris position en faveur de l’ancien évêque et a honoré
sa foi et son engagement pastoral.
Le Bon Dieu devrait donner sa démission
Mgr Krenn a en outre qualifié d’"événement normal" la démission du curé
de la cathédrale Johannes Oppolzer bien que ce dernier ait expliqué que son
retrait était une protestation contre le fait qu’entre lui et Mgr Krenn, il
y avait des divergences fondamentales infranchissables. Dans l’opinion publique, c’est une remarque pour le moins maladroite à la télévision qui a
fait le plus de tort à Mgr Krenn. A la question de savoir sur quel événement pourrait l’inciter à se retirer, il a répondu: "Le Bon Dieu devrait
donner sa démission."
L’évêque, âgé de 56 ans, rejette tout projet de retrait et explique que
selon le droit canon, il veut diriger le diocèse de St-Pölten jusqu’à son
75e anniversaire: "Dieu veut que son Eglise soit dirigée. J’ai maintenant
cette tâche et je la prends au sérieux". Eduard Ploier, président de l’action catholique du diocèse de Linz, déplore le ton empreint de cynisme,
d’incompréhension et de désinvolture face à la vérité.
D’autres évêques tentent de limiter les dégats. Mgr Johann Weber, évêque
de Graz-Seckau, a appelé le Vatican à intervenir. "Les responsables sont
appelés à ne pas regarder ailleurs, mais à chercher le bon chemin". Les
croyants sont appelés à ne pas sortir de l’Eglise. "Cela me fait très mal.
Celui qui sort de l’Eglise ne dit en réalité pas seulement non à l’Eglise
mais aussi non à lui-même".
Le refus de Mgr Krenn d’accepter comme membre du Conseil pastoral le Père bénédictin Udo Fischer, curé de Paudorf, a suscité la colère de la Conférence des Ordres religieux masculins de St-Pölten: "Si le Père Fischer
n’est pas accepté, nous prendrons des mesures qui iront jusqu’au retrait de
tous les religieux de cette instance", a averti le président de la Conférence qui a eu cependant un entretien avec Mgr Krenn.
Une attitude qui nuit à la crédibilité de l’Eglise
La Communauté de travail de la jeunesse catholique autrichienne a également pris la parole pour dénoncer l’attitude de Mgr Krenn qui provoque de
graves dommages à l’Eglise catholique et détruit sa crédibilité dans la société. D’autres groupes de jeunes ont en revanche déclaré leur solidarité
avec Mgr Krenn.
Mgr Maximilian Aichern, évêque de Linz a promis vouloir porter le conflit dans le diocèse de St-Pölten devant la Conférence des évêques. Mgr
Krenn déclare pour sa part que la Conférence des évêques "n’est pas un tribunal devant lequel je suis traduit". Les attaques actuelles portées contre
lui sont organisées depuis des années à travers des slogans démagogiques.
"Je veux protéger le pape, la foi et l’Eglise. Je suis assez fort." (apicoe/mp)