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    Partisans et adversaires s’affrontent à coups de mots

    Australie: Une annonce diffusée par la TV australienne relance le débat sur l’euthanasie

    Sydney, 31 mars 1999 (APIC) Une annonce télévisée australienne montrant une femme mourante plaidant pour le droit à l’euthanasie légale a rallumé le débat dans ce pays. Adversaires et partisans s’affrontent à coups de mots sur le terrain des arguments et de la morale. La plus forte opposition vient des Eglises et des mouvements pour le respect de la vie.

    Dans ce spot télévisé, on voit une dame, June Burns, dans son lit, la tête reposant sur l’oreiller. Elle atteinte d’un cancer de la vessie. La caméra se rapproche et l’on entend June Burns déclarer que malgré 20 comprimés quotidiens et de la morphine trois fois par jour, la douleur ne disparaît pas.

    "Je ressentirai bientôt une telle souffrance et une telle angoisse que ma vie ne vaudra plus la peine d’être vécue, dit-elle. Si j’étais un chien, la Société protectrice des animaux aurait déjà taxé mon époux de cruauté et m’aurait déjà supprimée. Je pense que les êtres humains sont traités moins bien que les animaux. Je ne veux pas me supprimer moi-même, mais si personne ne peut m’aider, je vais devoir le faire. J’estime que la vie est très précieuse. J’ai profité de chaque moment et je voudrais continuer à le faire. Comme je ne le peux pas, je voudrais mourir avec dignité. Jusqu’à maintenant, j’ai pu supporter ce que la vie m’a réservé mais je ne suis pas sure de pouvoir affronter la suite".

    Cette annonce bouleversante, faite à la demande de la "Voluntary Euthanasia Society" (mouvement en faveur de l’euthanasie) de la Nouvelle-Galles-du-Sud a été montrée à Sydney. La Fédération des stations de télévision commerciales a approuvé le passage de cette annonce à la télévision, en faisant observer qu’elle préconisait un changement de la législation et non pas le suicide ni la mort assistée.

    June Burns, âgée de 59 ans, avait déclaré auparavant au journal de Sydney Sun Herald, qu’elle faisait campagne pour la légalisation de l’euthanasie depuis la mort de son père, victime à l’âge de 65 ans d’un cancer de la vessie, cancer qui l’affecte aujourd’hui.

    Eglises unanimes

    Plusieurs Eglises et groupes conservateurs chrétiens ont condamné ce spot télévisé. Pour l’archevêque catholique de Sydney, le cardinal Edward Clancy, "Mme Burns et toute personne dans une situation similaire mérite toute notre sympathie et nos encouragements, mais l’on peut s’interroger sur le message que cette annonce transmet aux Australiens en général, surtout aux jeunes".

    Même son de cloche du côté de l’archevêque anglican de Sydney, Harry Goodhew, qui estime que cette campagne en faveur de l’euthanasie "semble exploiter la souffrance d’une femme très gravement malade à des fins politiques".

    "Je compatis sincèrement à sa peine. J’ai des amis très proches qui sont morts de cancer. Leur souffrance était très forte et pourtant ils gardaient un espoir qu’ils voulaient partager", écrit-il dans une lettre adressée au "Sydney Morning Herald". "En tant que chrétien, je veux transmettre l’espoir que la vie vaut la peine d’être vécue. L’antidote au désespoir absolu des malades en phase terminale n’est pas une mort accélérée. C’est l’occasion d’une vie avec Dieu".

    La désapprobation des Eglises semble à ce sujet unanime. Pour le pasteur Fred Nile, membre du Parlement de la Nouvelle-Galles-du-Sud et président du Parti démocratique chrétien (de droite), cette annonce télévisée est "un exercice macabre, qui ne fait qu’exploiter la souffrance des gens". Des propos qui exacerbent plus qu’autre chose les passions mises autour de cette délicate question.

    Nouveaux débats dans le pays

    Le débat sur l’euthanasie s’est en effet rallumé repris à plusieurs reprises ces dernières années en Australie, en particulier après la mise en vigueur de cette pratique par le Territoire-du-Nord, en 1996. Quatre personnes sont ainsi mortes légalement avec l’aide de leur médecin. Le Parlement fédéral a cependant annulé la loi en 1997. Il a pu le faire parce que le Territoire-du-Nord n’était pas encore un Etat à part entière dans le système politique australien, qui établit la division des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements des Etats. (apic/eni/pr)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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