Australie: querelle autour de la visite d’un archevêque américain
Melbourne, 9février(APIC) La visite en Australie de Mgr Rembert Weakland,
archevêque de Milwaukee, prévue en avril, suscite de vives controverses
dans la pays. Fausse lettre, fausse signature, et accusations réciproques
jettent le trouble dans l’Eglise catholique d’Australie. Mgr Weakland devrait être l’orateur principal d’une conférence nationale de musique liturgique à Melbourne au mois d’avril. C’était sans compter sur l’opposition
des milieux catholiques conservateurs, qui lui reprochent certaines de ses
positions sur la morale et l’ordination des femmes.
Mgr Francis Little, archevêque de Melbourne, vient de remettre à la police une lettre qui porte une fausse entête de l’archidiocèse ainsi qu’une
imitation de sa signature. Cette fausse lettre, adressée à Mgr Weakland,
lui demande de ne pas participer à la conférence. Raisons invoquées: ses
prises de positions dans certains domaines de la morale et à propos de
l’ordination des femmes. Ces opinions sont une révolte contre l’enseignement de l’Eglise et contre le pape, peut-on lire dans la lettre.
Dans un éditorial du journal catholique "Kairos", l’archevêque de Melbourne dénonce vivement cette lettre et la campagne des conservateurs contre la visite de Mgr Weakland. Il n’hésite pas à traîter de "serpents" les
auteurs de la lettre.
La polémique a commencé en octobre dernier déjà, lorsque le magazine "Ad
2000 A Journal of Religious Opinion" a publié un article attaquant vivement
Mgr Weakland et refusant sa participation à la conférence de liturgie de
Melbourne. Depuis lors, le journal semblait s’être distancé de cette position et s’est même dit prêt, si les accusations sont infondées, à publier
des excuses et un rectificatif. Mais dans l’éditorial du même numéro de
février, le magazine cite une lettre ouverte du cardinal archevêque de New
York, Mgr John O’Connor, publiée en décembre au Etats-Unis, dans laquelle
il reproche à Mgr Weakland d’avoir affirmé que l’Eglise devrait porter les
conséquences du refus d’ouvrir la discussion sur l’ordination des femmes.
(apic/kna/mp)