Auschwitz, 23juillet(APIC) Selon l’accord signé à Genève le 20 février
1987 la date limite prévue pour le transfert du Carmel d’Auschwitz tombait
le 22 juillet 1989. Le transfert n’a pas encore eu lieu.
Dans le prochain numéro de la revue italienne "Trenta Giorni", le Père
Dominik Wider, supérieur des Carmes déchaux de Pologne, a déclaré que
l’idée d’un transfert des religieuses cloîtrées se heurte à l’opposition de
toute la société polonaise. Il est convaincu que le monastère ne fait de
tort à personne et est à sa place : "Il reste hors des murs du camp et en
même temps attenant au camp". "Nous avons exprimé, continue le Père Wider,
qui a la juridiction sur le couvent, la disponibilité d’accepter la volonté
de l’Eglise dans un esprit de foi au cas où le monastère ne pourrait pas
rester où il se trouve maintenant. Il apparaît évident que qui demande le
transfert doit construire un autre monastère correspondant aux exigences de
la vie des religieuses". Selon le Père Wider la construction d’un nouveau
couvent peut, vu la situation actuelle en Pologne, durer environ huit ans.
"Trenta Giorni" publie également une déclaration d’un groupe de Carmes
qui voit en l’accord de Genève un vrai "diktat". Il se disent convaincus
que la Commission des cardinaux, composée de Mgr Albert Decourtray, Mgr
Jean-Marie Lustiger, Mgr Franciszek Macharski et Mgr Godfried Danneels,
chargée du dialogue avec une Commission analogue juive, n’agit pas avec le
mandat du Vatican. Les religieux soulignent que le monastère a été construit par le Saint-Siège et que seul celui-ci peut, selon le droit canon,
le supprimer ou le transférer. Ils ajoutent que les soeurs, en majorité de
nationalité belge et française, sont prêtes à laisser leur couvent, à condition que cet acte corresponde vraiment à la volonté de l’Eglise.
Les Juifs se ferment au dialogue
L’avocat Théo Klein, président de la délégation juive, a tenu vendredi
21 juillet à Paris une conférence de presse dans laquelle il a jugé que le
dialogue entre Juifs et catholiques ne pourrait se poursuivre sans que les
Carmélites d’Auschwitz soient transférées. Il a invité toutes les communautés juives à ne pas recevoir Jean Paul II au cours de ses prochains voyages.
L’archevêque de Lyon, le cardinal Decourtray, a publié un communiqué
diffusé par la salle de presse du Vatican et dans lequel il prie les interlocuteurs d’excuser le retard dans le transfert, qui est dû à des obstacles
réels dont aucun signataire n’avait mesuré la gravité. Mgr Decourtray parle
de "lenteur administrative" d’ "obstacles psychologiques dus à l’incompréhension". Parlant au nom des quatre cardinaux responsables, il affirme la
détermination "à déployer tous les efforts en notre pouvoir pour que ce
transfert soit effectué dans les plus brefs délais".
La presse israélienne agressive à l’égard de l’Eglise
Les mass media israéliens ont consacré beaucoup d’espace à la question
du couvent d’Auschwitz. La presse israélienne accuse l’Eglise catholique,
le pape et l’archevêque de New York, le cardinal James O’Connor, de n’avoir
pas condamné "l’agression" subie par le rabbin de New York Weiss et six autres Juifs américains qui avaient dépassé l’enceinte du Carmel vendredi 14
juillet pour protester contre la présence d’un monastère en ce lieu. Cette
action avait provoqué des incidents entre les sept Américains et les Polonais.
Le "Jerusalem Post" a interviewé le Frère Daniel, un Carme du couvent de
Haïfa, Juif polonais né à quelques kilomètres d’Auschwitz et devenu prêtre
catholique. Reconstituant l’histoire du Carmel, le Frère Daniel nie que
l’antisémitisme puisse exister en Pologne ou dans l’Eglise polonaise et
qualifie d’"aventuriers" les sept Américains auteurs de l’incursion du 14
juillet. (apic/jt/cor)