Aumônerie militaire: des femmes accèdent à cette fonction qui (010289)
Fribourg, 1erfévrier(APIC) L’armée suisse veut augmenter le nombre
d’aumôniers militaires. En accord avec la Fédération des Eglises protestantes et la Conférence des évêques suisses, le Département militaire fédéral
(DMF) acceptera des diacres et des assistants de paroisses pour remplir
cette fonction. Double nouveauté puisqu’il sera désormais possible pour les
femmes d’entrer dans l’aumônerie militaire.
Les futures femmes aumôniers seront avant tout affectées au service
féminin de l’armée, dans les régiments d’hôpitaux, notamment, précise-t-on
au DMF, qui déclare ignorer si elles sont aujourd’hui nombreuses à remplir
les conditions posées à la fois par l’armée et les Eglises catholique et
protestantes. Conditions qui sont au nombre de deux : côté militaire, être
aptes au service et avoir fait leur école de recrues dans le SFA; côté
ecclésial, elles sont soumises aux mêmes conditions que les aumôniers protestants ou que les assistants de pastorale catholiques.
Voilà pour le rappel à propos d’un communiqué du DMF rendu public le 30
janvier. Aujourd’hui encore, protestants et catholiques seuls peuvent occuper cette fonction. Pour des raisons pratiques, déclare-t-on au DMF, ils se
répartissent les quelque 456 aumôniers militaires (281 protestants et 175
catholiques). Normal, relève-t-on à l’Office fédéral de l’adjudance à Berne: même si de nombreux militaires n’indiquent pas la religion à laquelle
ils appartiennent, 90 à 95% des soldats et sous-officiers se déclarent
catholiques ou protestants. En d’autres termes, a déclaré à l’agence APIC
le divisionnaire Husi, directeur de cet Office, les quelque 60 à 100 autres
confessions ne sont guère représentées par plus de 5%.
Or, dit le divisionnaire Husi, d’un point de vue militaire, je ne peux
admettre un aumônier militaire pour une confession ou religion représentée
par un soldat sur 1000. Et c’est le cas pour bon nombre de religions, commuautés religieuses ou sectes.
La position du DMF adoptée en la matière pour justifer ses critères ne
fait cependant pas l’unanimité. Du moins pas auprès du rabbin zurichois David Bollag, lequel, en juillet dernier, s’était porté volontaire pour être
le premier aumônier juif au sein de l’armée. Initiative personnelle? Le silence fait depuis lors autour de cette demande laissait entendre qu’elle
était demeurée sans lendemain et qu’un refus du DMF pouvait en être à
l’origine. Faux, rétorque le divisionnaire Husi. Le rabbin Bollag ne lui a
jamais fait parvenir une telle demande. Pas davantage que la question de
fond ne lui a été posée. Interrogé, celui-ci s’est refusé à tout commentaire. "Je n’ai rien à dire!", s’est-il exclamé. (apic/pr)