Aucune lettre en retour à la lettre écrite le 14 juillet. Nous n’avons pas
taine manière, de ne pas recevoir de réponse. C’est pas la première lettre
qu’on écrit sans recevoir de réponse. Notre Conseil international en 1987,
à Sao Paulo, a adressé une lettre au pape. Et aucune réponse. Une délégation s’est rendue à Rome pour l’apporter, cette lettre.
Vous interprétez cela comment.
C’est difficile à dire... Nous avons été très surpris de par la décision
et le moment choisi pour la faire connaître. Il semble que cela voudrait
dire que Rome ou bien n’est pas informé ou bien ne tient aucun compte de ce
qui se passe à la JOC Internationale. Il y a des tensions, il y a eu des
prolèmes avec Rome déjà depuis pas mal de temps.
Volonté de remise à l’ordre des mouvements JOC de par le monde?
On ne sait pas trop. Ce qui nous frappe surtout, c’est la manière dont
les affaires sont faites, la manière dont les affaires se passent. Qu’on
puisse discuter, dialoguer, qu’on nous pose des questions, c’est tout à
fait normal.
Vous l’avez demandé, ce dialogue...
Oui. Le Conseil a écrit au pape. Ensuite notre secrétariat international
a écrit au Conseil des laïcs, lettre à Mgr Pironio, pour demander à le rencontrer et lui expliquer la situation. Nous avons encore écrit à la secrétairie d’Etat, en envoyant les conclusions du Conseil international, en
demandant chaque fois de pouvoir les rencontrer. Jamais de réponse? Non. La
réponse est venue en nous disant qu’on était plus reconnu officiellement.
Que la CIJOC, elle l’était dorénavant.
Du découragement de votre côté?
Découragement? Ce qui se passe ne nous fait pas plaisir. Mais nous sommes surpris que cela vienne maintenant car actuellement, de notre côté, on
fait des tas d’efforts pour par exemple - ils nous disent que l’orientation
du mouvement n’est pas claire. Le Conseil avait décidé d’avoir une commission pour discuter de l’orientation. Et cette commission a commencé à travailler au mois de jui de cette année. Ils ne tiennent pas compte de cela
du tout.
La JOCI a exprimé sa volonté de rester un mouvement de jeunes à l’intérieur de l’Eglise. Or la création de la CIJOC et sa reconnaissance d’Organisation Internationale catholique, cela au détriment de la JOCIC, n’aura pas
pour conséquence de semer la confusion, le découragement auprès des jeunes
JOCIC, voire une sorte de démission ou un militantisme politique mais cette
fois en dehors de l’Eglise?
On ne sait pas trop... on espère que cela ne se passera pas comme cela.
Mais c’est certain que c’est dans les possibilités que certains réagissent
en disant bon, si l’Eglise réagit ainsi, perdons pas notre temps avec
l’Eglise. D’autre part, il y a quand même, dans la lettre de Mgr Cassidy
quelque chose, pour nous, qui laisse une porte entrouverte, c’est qu’il dit
clairement que la décision ne préjuge pas des relations des évêques avec
les mouvements nationaux. Ce qui veut dire qu’il dépendra maintenant de
chaque évêque, de chaque Copnférence épiscopale, de dialoguer avec les mouvements nationaux. Et nous avons des exemple ou des évêques ou responsables
de Conférence épiscopale on dit clairement "Moi ce qui m’intéresse, c’est
que vous continuiez à faire le boulot que vous faisiez.
Vous avez des noms...
On ne peut pas dire après la lettre de Mgr Cassidy. Mais si on prend la
prise de position en Suisse. La JOC avait pris une position assez claire
par rapport à la JOCI jusqu’à ces derniers temps. Et Mgr Bullet a clairement soutenu la JOC Suisse. "On respecte vos choix", a-t-il dit. Un autre
exemple, au Ghana, avant d’aller au Conseil International, l’archevêque de
Coumazi (?) qui appelle le président de la JOCI qui lui demande à quel conseil il se rend, à la CIJOC ou à la JOCI? ä la JOCI. OK, ce qui m’intéresse, c’est que tu fasses du bon boulot.
Travail réalisé par la JOCI dans le tiers-monde, notamment là ou les
chrétiens sont en minorité...n’y a-t-il pas là une sorte de frein par rapport à l’évolution de l’esprit oecuménique dans le sens d’un engagement des
jeunes par rapport aux problèmes donnés et vécus
C’est un peu comme cela que nous le voyons, que nous le ressentons. On
sent que l’Eglise devrait se réjouir de voir qu’il y a un mouvement qui
fait de gros efforts et qui est très ouvert et qui vit l’évangélisation non
pas comme une catéchèse directe, mais qui vit l’évangélisation dans le sens
de ce que Cardjin appelait un exemple d’oecuménisme qui est de partager ce
qu’on vit, permettre aux jeunes travailleurs de partager ce qu’on vit.
Indépendament de la foi qu’on vit et qu’on a... ? En respectant léa foi
qu’on vit.
Par exemple, la JOC du Japon a célébré il y a quelques mois son 40e anniversaire. Lors de ce 40e, auquel participèrent 4 évêques, et celui qui
est responsable pour le laïcat a fait un discours dans lequel il a rappelé
que la Conférence épiscopale avait réfléchi voici deux ans sur le comment
faire l’évangélisation au Japon. Ils avait pris là comme décision de baser
l’évangélisation sur le respect de la personne. Il a dit dans son discours
"Il y a trente ans que la JOC fait cela au Japon. Donc en avant garde sur
l’Eglise. Mgr Shimamoto, président du Comité national pour l’apostolat des
laïcs et évêques de Urawa.
Conséquences pratiques, actuellement, pour les mouvements de la JOCI et
pour les jeunes qui entendent y rester fidèles?
On veut continuer à faire le travail qu’on essaye de faire. Car on y
croit. On croit qu’on travaille toujours au service de ces jeunes travailleurs et on est convaincu de respecter cette volonté de rester à l’intérieur de l’Eglise, même si on n’est plus reconnu officiellement comme une organisation catholique internationale. Les conséquences pratiques pour les
jeunes... cela dépendra beaucoup de comment cela se passe au niveau des
pays. Si des évêques prennent peur à cause de la décision de Rome et réagissent, cela peut donner des troubles et créer des difficultés et suivant
comme cela se passe, cela peut provoquer chez certains jeunes des réactions
extrêmes ou les décourager ou bien qu’ils disent "l’Eglise ça nous intéresse pas". Mais je crois, en général, d’après ce que l’on voit, tout le monde
essaye de dire on va essayer de dialoguer avec nos évêques, on va continuer
et montrer que ce qu’on essaye de faire, c’est ce qu’on a toujours essayé
de faire et on voit pas pourquoi, il y a dix ans on travaillait dans ce
sens là et on était officiellement reconnu d’Eglise et aujourd’hui on y est
plus.
Par rapport au travail, vis-à-vis des réfugiés, par exemple, (musulmans,
etc, et de t. les races, est-ce que cette décision n’a pas pour conséquence
de poser la barre à une hauteur qui est une entrave au niveau de la dimension de votre travail.
L’ouverture, cette ouverture, la manière de se situer par rapport à la
caractéristique chrétienne, elle a évoluer surtout avec l’extension du mouvement dans le tiers monde. Quand on a commencé à exister dans des pays ou
il y avait de moins en moins de catholiques ou ou les catholiques étaient
une petite minorité, le choix pour le mouvement s’est posé: Veut-on un mouvement qui regroupe les catholiques au niveau de la paroisse ou bien est-ce
que c’est un mouivement qui va essayé d’apporté un message d’espoir et un
éveil par rapport à la dignité et à l’affiliation divine, à la justice, à
l’amour ... à tous les jeunes travailleurs. Un exemple: l’île Maurice, dans
une usine, au début il y avait surtout des créoles, c’est-à-dire des catholiques, et de plus en plus, il y a des jeunes qui sont d’origines indiennes, donc de religion indoue ou musulmane. Comment va-t-on faire maintenant. Se contenter de prendre en charge ceux-là. Et maintenant, cette réalité s’étend de plus en plus en Europe. Les paumés, les jeunes travailleurs
qui sont le plus exploités à Bruxelles sont des arabes...
Origine :Evolène Parti en 68 aux Sechelles ou j’ai vécu 8 ns en Afrique.
Capucin missionnaire aux Sech. 50 ans. Pas aumônier international de la JOCI pour ne pas provoquer Rome. C’est Rome qui nomme...etc, voir la feuille.
Accompagnateurs adultes. C’est prévu que cela peut être des prêtres, des
religieux ou des laïcs, comme militants engagés. Le Conseil international,
devant les difficultés d’obtenir un aumônier, a décidé de nommer un accompagnateurs adultes avec comme spécificité, qu’il soit prêtre. Donc je suis
accompagnateur adulte. Il semblerait que Rome prend cela comme une provocation.