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    Bangladesh : Des pauvres contraints à vendre leurs organes pour payer leurs dettes

    Au trafic de reins est venu d’ajouter celui de foies et de cornées

    Dhaka, 1er novembre 2013 (Apic) Au Bangladesh, des pauvres sont contraints de vendre leurs organes pour payer leurs dettes. Malgré une loi qui interdit le trafic et la publicité des vendeurs d’organes, et qui n’autorise les greffes qu’entre parents ou époux, le marché noir continue de proliférer, rapporte le 1er novembre 2013 l’agence missionnaire vaticane Fides. Actuellement, au trafic de reins est venu d’ajouter celui de foies et de cornées. Nombre d’hôpitaux se sont ainsi vus obligés d’introduire un test ADN.

    La pratique cruelle consistant à vendre des organes au Bangladesh a débuté en 1982 et leur commercialisation a immédiatement suivi. C’est seulement en 1999 que le Parlement du pays a adopté l’Organ Transplant Act, qui interdit le trafic et la publicité des vendeurs d’organes. Selon la loi, les greffes sont légales seulement entre parents et entre époux. Toutefois, le marché noir continue à proliférer en raison de médiateurs qui identifient les vendeurs et les acquéreurs potentiels.

    Les interventions sont pratiquées dans des hôpitaux privés du Bangladesh par des médecins complaisants ou dans des pays tels que l’Inde ou Singapour où le système sanitaire est meilleur. Les intermédiaires falsifient les passeports et produisent des documents légaux attestant que le donateur et le destinataire ont un lien de parenté. Nombre d’hôpitaux ont donc dû introduire le test ADN.

    Rembourser des microcrédits

    Kalai, qui se trouve au nord de Dhaka, dans le district de Jotpurhat, semble à première vue une zone rurale idyllique. En réalité, nombre de ses habitants ont été contraints d’avoir recours à la vente d’organes pour rembourser des microcrédits qu’ils avaient contractés.

    Comme des millions d’autres bengalais vivant dans les zones rurales, les enfants de la région grandissent en manquant du nécessaire. Dans l’espoir d’améliorer leur sort, beaucoup s’endettent en contractant un microcrédit, finissant par se retrouver dans une situation encore plus compliquée lorsqu’ils ne sont pas en mesure de rembourser le prêt.

    L’idée de la vente d’organes n’est pas nouvelle et les pauvres de toute l’Asie du sud y ont eu recours pendant des années. Ce qui est moins connu, c’est que beaucoup y ont recours par peur de ne pas pouvoir rembourser leurs créditeurs. A l’origine, les instituts de microcrédit ont été créés pour aider les personnes à sortir de la pauvreté, encourager la création d’entreprises et l’émancipation des femmes en offrant de petits crédits à ceux qui n’étaient pas en mesure d’obtenir des prêts bancaires traditionnels. (apic/fides/cw)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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