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    «Au Liban, les réfugiés chrétiens de Syrie sont oubliés», s’attriste Mgr Mourad

    À l’approche de la visite du pape Léon XIV en Turquie et au Liban du 27 novembre au 2 décembre2025, Mgr Jacques Mourad, archevêque syro-catholique de Homs, en Syrie, il confie à I.MEDIA son espoir de voir ce voyage papal remettre en lumière la situation des chrétiens du Moyen-Orient.

    Mgr Mourad est à Rome cette semaine afin de participer à la présentation du rapport annuel de l’Aide à l’Église en détresse. Il a par ailleurs reçu le 18 octobre le prix de la Fondation Jean-Paul II, attribué à des personnalités promouvant la liberté religieuse et le dialogue, dans la filiation du pontife polonais décédé il y a 20 ans.

    Cofondateur du monastère de Mar Moussa avec le jésuite italien Paolo Dall’Oglio - porté disparu  en 2013 -, Mgr Jacques Mourad a été pris en otage en 2015 par des djihadistes de l’État islamique. Depuis sa libération, il ne cesse de témoigner de son engagement pour le dialogue et la réconciliation en Syrie, un pays qui demeure marqué par la violence et l’instabilité, près d’un an après la chute du régime de Bachar al-Assad.

    La prochaine visite du pape Léon XIV au Liban, du 30 novembre au 2 décembre prochain, suscite-t-elle un intérêt parmi les Syriens ?
    Mgr Mourad:
    Oui bien sûr, pour nous tous, et surtout pour les chrétiens de Syrie, la visite du pape Léon au Liban sera un signe d’encouragement et d’espérance. Cette espérance nous manque en ce moment, donc je veux vraiment exprimer ma reconnaissance pour cette attention du Saint-Père.

    Est-ce que des chrétiens sous votre juridiction, du diocèse de Homs, sont encore réfugiés dans le pays du Cèdre ?
    Oui, malheureusement, des chrétiens continuent à quitter notre territoire pour se réfugier au Liban, car la situation n’est pas stable, et elle demeure dangereuse pour certains. La situation n’a pas beaucoup changé par rapport au gouvernement précédent.
    Mais il faut aussi dire que la vie de nos chrétiens réfugiés au Liban est misérable. Ils vivent de façon isolée, sans ressources, et même ceux qui travaillent n’ont pas un salaire digne. Les propriétaires profitent de leur situation.
    Cette situation montre l’injustice de la politique internationale, car l’ONU n’accepte pas d’enregistrer les réfugiés syriens chrétiens qui ne s’installent pas dans les camps de réfugiés. Mais en réalité, ils ne peuvent pas trouver leur place dans ces camps, car l’atmosphère y est marquée par la présence de musulmans fanatiques. Les chrétiens ne peuvent pas vivre dans cette ambiance. 
    Les réfugiés syriens chrétiens sont donc oubliés. Ils n’ont pas choisi de vivre au Liban pour y rester dans la misère, ils ont été forcés. Mais même en dehors de la Syrie, ils sont persécutés, ils sont oubliés. Et je trouve aussi que l’Église au Liban n’assume pas son devoir vis-à-vis des réfugiés chrétiens qui sont là-bas.

    La première partie de cette tournée du pape sera organisée en Turquie. Est-ce que cette étape suscite également un espoir de remettre les défis de la reconstruction de la Syrie au premier plan de l’attention internationale ?
    Pour nous, chrétiens de Syrie, ce voyage du pape en Turquie est très important, pas seulement au niveau diplomatique ou politique, mais aussi dans une perspective ecclésiale, avec le 1700e anniversaire du Concile de Nicée. Nous avons besoin, dans nos Églises orientales, de comprendre que nous sommes responsables de l’unité de l’Église. C’est une occasion pour réfléchir et décider comment nous voulons assumer cette responsabilité, et organiser cette unité d’une façon adaptée à notre époque.
    Continuer cette division reviendrait à pousser les gens à l’émigration. Alors nous avons le devoir de leur faire sentir qu’ils ont des racines communes, que leur vie dans leur pays d’origine a un sens. Nous avons besoin de toucher les cœurs de tous les fidèles, de leur donner des signes d’espérance par l’annonce de l’unité de l’Église, et leur montrer que la richesse de notre diversité ne doit pas nous conduire à la division.

    Les épreuves traversées par les communautés chrétiennes au Moyen-Orient, particulièrement depuis 15 ans, ont-elles poussé les Églises à se rapprocher, à coopérer entre elles de façon plus étroite?
    C’est vrai que la souffrance nous pousse à mieux comprendre l’importance de l’unité, cela nous rappelle que nous sommes ‘un’. Il est très important, maintenant, de prendre l’initiative pour annoncer un témoignage fort qui nous permette de changer de discours. 
    L’idée que chaque Église est indépendante avec sa propre juridiction ne devrait pas nous empêcher de proclamer ensemble le Royaume des cieux, qui est commun à nous tous. Nous avons besoin de ce courage. Cette occasion de la visite du pape Léon à Nicée et au Liban doit nous conduire à faire quelque chose de sérieux en faveur de cette unité.

    Quand vous étiez otage, et après votre libération, avez-vous ressenti une forte solidarité de la part des chrétiens des autres Églises, mais aussi de la part des musulmans? Avez-vous expérimenté une solidarité œcuménique, et même une solidarité interreligieuse?
    Oui, absolument, et je pense que c’est la grâce de cette expérience. Je suis sûr que c’est la prière de tous qui a sauvé ma vie et celle des autres chrétiens pris en otages. Je suis conscient que la vie de prière peut avoir un impact concret pour arriver à cette unité.

    Ce prix de la Fondation Jean-Paul II constitue un encouragement à persévérer dans ce témoignage, au-delà des épreuves qui pourraient sembler insurmontables et traumatisantes?

    Oui, et c’est aussi une responsabilité. Recevoir ce prix montre que notre Église en Syrie doit poursuivre sérieusement ce dialogue et ce chemin de l’œcuménisme. Notre peuple attend beaucoup de nous ! (cath.ch/imedia/cv/mp)

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