Trois prêtres espagnols et sept laïcs guatémaltèques seront béatifiés, le 23 avril 2021, en la cathédrale de Santa Cruz del Quiché (Guatemala). Tous ont été tués en haine de la foi par les troupes gouvernementales lors de la guerre civile qui ravagea le pays durant plusieurs décennies.
Entre 1960 et 1996, le Guatemala connaît un conflit sanglant opposant le régime militaire et divers groupes de guérilleros marxistes. À partir de 1980, le régime militaire traque les chrétiens, leur reprochant leur fidélité à l’Évangile et leur investissement au service des plus pauvres. Les 10 martyrs béatifiés ce 23 avril ont été assassinés précisément en raison de leurs activités religieuses auprès des pauvres et des indigènes.
Cette béatification est comme l’aboutissement du voyage qu’ont entrepris ces martyrs, s’est réjoui l’actuel évêque de Quiché, Mgr Rosolino Bianchetti, au micro de Vatican News. Tels des «missionnaires en mouvement», ces hommes ont parcouru leur pays pour évangéliser et secourir les plus pauvres à qui on avait injustement enlevé leur terre. Il sont mort en embrassant « leur croix », assassinés par ceux qui considéraient l’Évangile «comme un danger».
Ces hommes «ont voulu permettre à la population de survivre et ont été considérés comme des guérilleros», explique pour sa part le Père Bernard Gosse, fin connaisseur de leur vie, sur le site de la Conférence des évêques de France. La reconnaissance de leur martyre a selon lui été une grande «consolation après les souffrances encourues», analyse-t-il, d’autant qu’ils sont encore très mal perçus dans le pays par certains.
«Le Carlo Acutis du Guatemala»
Mgr Rosolino Bianchetti salue tout particulièrement le courage du plus jeune de ces martyrs, Juan Barrera Méndez. À douze ans, il a su faire preuve d’une maturité spirituelle hors-norme. Selon les témoignages, ce catéchiste « portait dans son cœur cette flamme, cette passion de suivre Jésus ». Torturé par un raid de l’armée, il a été pendu à un arbre et abattu. Aujourd’hui, son histoire est devenue contagieuse et il est même considéré comme le «Carlo Acutis du Guatemala», raconte l’évêque, faisant référence au jeune italien béatifié en 2020.
Parmi les autres martyrs figurent trois prêtres espagnols de la congrégation des Missionnaires du Sacré Cœur, José María Gran, Faustino Villanueva et Juan Alonso et six autres laïcs : Rosalío Benito Ixchop, Reyes Us Hernández, Domingo del Barrio Batz, Nicolás Castro, Tomás Ramírez Caba et Miguel Tiú Imul.
La vie de ces hommes est le signe qu’un chrétien «ne peut ignorer la réalité dans laquelle il vit et encore moins s’enfermer dans un individualisme égoïste, sourd aux grands besoins de leurs peuples et communautés», considère la Conférence épiscopale du Guatemala au sujet de ces martyrs. Ces derniers ont vécu en «tension permanente vers l’éternité tout en gardant les pieds sur terre».
La cérémonie de béatification aura lieu en la cathédrale de Santa Cruz del Quiché et sera présidée par le cardinal guatémaltèque Álvaro Leonel Ramazzini.