Assise: veillée de prière sans les orthodoxes (080193)
Assise, 8janvier(APIC) "Assise 2" ne ressemblera pas à la fameuse rencontre du 27 octobre 1986. Dans les ultimes soubresauts de la guerre froide,
Jean Paul II avait alors voulu susciter un mouvement mondial en faveur de
la paix. Une veillée de prière placée à l’époque sous le double signe du
dialogue entre les religions et de l’oecuménisme. Ce week-end, le label sera d’abord catholique, même si d’autres religions chrétiennes et non-chrétiennes ont également été conviées. Ce sont les Conférences épiscopales européennes que le pape a invitées à cette nouvelle veillée de prière, cette
fois pour la paix en Europe et tout spécialement dans les Balkans. Reste
que ces journées de prière se feront sans les orthodoxes, qui ont décliné
l’invitation.
Trois étapes principales marqueront ce rassemblement. D’abord une "rencontre fraternelle", samedi après-midi, au couvent d’Assise, avec les représentants d’autres religions. Rencontre ponctuée d’un discours de Jean
Paul II. Puis, le soir, dans la basilique supérieure, une veillée de prière
destinée aux chrétiens avec une homélie du pape. La journée du dimanche enfin, dans la même église, avec une messe suivie de l’Angélus, en présence
des représentants des Conférences épiscopales européennes et des évêques
des Balkans.
Trois cercles d’invitations distincts: l’invitation faite dans un premier temps aux 30 Conférences épiscopales européennes, plus celles des
Etats-Unis et du Canada; dans un second, aux autres confessions chrétiennes; aux musulmans et aux juifs ensuite. Cela afin de bien marquer qu’il
s’agit "d’être ensemble pour prier, et non de prier ensemble", et aussi
pour éviter "toute apparence de syncrétisme", comme le disait le cardinal
Roger Etchegaray. En décembre déjà, trois dicastères s’étaient chargés de
l’organisation de cette rencontre d’Assise; "Justice et Paix", "Unité des
chrétiens" et "dialogue inter-religieux".
"L’inopportunité d’une telle invitation"
La publication jeudi 7 janvier par le Vatican de la liste des participants confirme les limites fixées à "Assise 2" en ce qui concerne l’oecuménisme et le dialogue entre religions. Certes, la représentation musulmane
ne sera pas négligeable, avec l’ulema Selimoski de Zagreb et des émissaires
des principales métropoles européennes. Mais les juifs ne seront pas nombreux, évoquant le sabbat pour dire qu’ils prieront pour la paix dans leurs
synagogues ce jour-là. Les représentations des autres églises chrétiennes
seront également modestes. On note cependant les présences du numéro deux
anglican, l’archevêque d’York, et de représentants des Eglises méthodistes,
luthériennes et protestantes.
Mais c’est surtout l’absence ou presque de tout représentant orthodoxe
qui ne passera pas inaperçue. Mis à part le métropolite Timotej de Skopje
en Macédoine, ils ont tous décliné l’invitation. Le patriarche orthodoxe
serbe Pavle de Belgrade invoque trois raisons: l’agenda - les orthodoxes
fêtent successivement Noêl, la Mère de Dieu et saint Joseph -, les difficultés actuelles de déplacement dans l’ex-Yougoslavie ainsi que "d’autres
raisons" relatives à l’"inopportunité d’une telle invitation".
Une certaine précipitation
Cette veillée de prière sera ainsi privée de l’image forte montrant
l’archevêque catholique de Sarajevo aux côtés du patriarche orthodoxe. A
Rome, on se montre déçu mais pas surpris. On reconnaît volontiers que cette
rencontre a été préparée avec une certaine précipitation. Dans sa réponse
au pape, le patriarche Pavle le prie de ne pas y voir un refus de cette
main "fraternellement tendue" et lui propose d’envoyer une délégation chargée de préparer une autre rencontre. (apic/dchi/pr)