Assise: rencontre de prière et de jeûne (100193)
Le pape dénonce le péché de la guerre
Assise, 10janvier(APIC) (de Raphaël Pasquier, sur place). Plus d’une centaine de délégués chrétiens, juifs et musulmans avaient pris samedi le chemin d’Assise à l’invitation du pape Jean Paul II. Objectif de la rencontre:
prier et jeûner en faveur de la paix en ex-Yougoslavie.
Le premier temps fort de la rencontre s’est déroulé dans la primitive
église des Frères mineurs. C’est là que Jean Paul II a salué tous les délégués. Des représentants des Eglises méthodiste, luthérienne, anglicane et
protestantes étaient présentes. Les représentants suisses étaient la pasteure Kathrin Hess-Kindler, de l’Eglise protestante suisse à Milan, du côté
réformé et Mgr Pierre Mamie, président de la Conférence des évêques suisses, du côté catholique. Tous les présidents des Conférences épiscopales
d’Europe ont participé par ailleurs à la réunion d’Assise.
L’originalité de la rencontre pouvait se lire dans la composition interreligieuse des délégations de l’ex-Yougoslavie. Par exemple celle de Banjaluka, de Sarajevo, de Moskar et de Skopie qui étaient composés de musulmans, de juifs et de chrétiens. Parmi eux, des personnes laïques ayant été
frappés par les atrocités de la guerre.
Après l’accueil, une veillée de prière s’est prolongée tard dans la
nuit. Depuis la basilique Saint-François les pèlerins ont formé un cortège
aux flambeaux qui s’est orienté en direction des autres églises. Dans ce
climat de prière et de jeûne, Jean Paul II a rappelé son message donné le
1er janvier à savoir le rapport qui existe entre la pauvreté et la paix.
Pour lui "les injustices commises contre les pauvres provoquent et alimentent les conflits".
Dimanche une messe pour la paix en Europe a été célébrée par le pape en
présence des différentes délégations interreligieuses. Dans son homélie,
Jean Paul II a évoqué directement la guerre qui sévit cruellement dans
l’ex-Yougoslavie: "Nous sommes venus ici aujourd’hui portant le poids des
grands péchés de notre continent. La guerre qui se déroule dans les Balkans
constitue une accumulation particulière de péchés. Des êtres humains utilisent des instruments de destruction pour tuer et exterminer leurs semblables".
"Ce siècle marqué par la haine"
Le pape a poursuivi: "Quelle terrible expérience de la guerre, en particulier l’Europe, a connue en ce 20e siècle! Ce siècle, a été marqué par la
haine et par un profond mépris à l’égard de l’humanité. Un mépris qui ne
renonce à aucun moyen ni à aucune méthode pour anéantir et exterminer l’autre. Le précepte divin de l’amour a été violé maintes fois et de diversers
manières".
Ne cachant pas un certain pessimisme, c’est par une prière que le pape a
terminé sa prédication: "Le Christ prie avec nous , il a pris place dans le
cortège des pècheurs non seulement autrefois sur les bords du Jourdain où
il reçut de Jean le Baptiste le signe de la pénitence. Dans tous les siècles et pour toutes les générations, il continue à se mêler à ce cortège
dans les différents points de la terre".
S’adressant au Christ , alliance des hommes et lumière des nations, il a
conclu: "Que soit abattue la barrière de la haine, ô Dieu de paix! Redresse
les chemins des hommes pour qu’ils sachent à nouveau vivre ensemble en voisins, en frères et soeurs, "fils du Père dans le Fils unique" (Eph. 1.4-5)
dans le Christ Jésus, notre authentique Paix. Prie avec nous, pécheurs,
afin que les ténèbres ne l’emportent pas."(apic/rp/ba)