Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes (311091)
Lourdes, 31octobre(APIC) La Conférence épiscopale des évêques de France,
qui vient d’achever son Assemblée plénière à Lourdes, a décidé de demander
au pape de déclarer sainte Thérèse de Lisieux docteur de l’Eglise. C’est
sur proposition de Mgr Pierre Pican, évêque de Bayeux et Lisieux et de son
auxiliaire, Mgr Guy Gaucher, que la Conférence a pris sa décision. Une première demande dans ce sens avait été introduite et refusée en 1932. Si la
réponse de Rome est positive, sainte Thérèse deviendrait la troisième femme
docteur de l’Eglise après sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse
d’Avila.
Celle que Pie X qualifiait de "plus grande sainte des temps modernes",
avait déjà été proposée à cette proclamation en 1932. En cette année, le
Père Desbuquois, jésuite de l’action populaire, avait envoyé le dossier à
Rome. Il était soutenu dans sa démarche par des centaines d’évêques et des
milliers de fidèles. Pie XI avait alors refusé la demande en objectant que
la sainte était une femme. Ce même Pie XI qui, en 1927, faisait de Thérèse
de Lisieux la patronne des missions.
"Une manière féminine d’aborder la théologie"
"De nombreuses intuitions de Thérèse, comme le salut universel et le salut des enfants morts sans baptême, se sont trouvées vérifiées au Concile
Vatican II", a rappelé Mgr Guy Gaucher. L’évêque auxiliaire de Bayeux et
Lisieux, qui a beaucoup écrit sur la sainte carmélite, a expliqué: "Thérèse, par son intuition de femme profondément unie à Dieu, est arrivée à des
thèses auxquelles les théologiens n’arriveraient que par le raisonnement".
Selon Mgr Gaucher, "la petite Thérèse" a quelque chose à dire à "notre
monde marqué par la rationalité". Thérèse est "le signe qu’il y a une manière féminine d’aborder la théologie". "Elle est la fille spirituelle de
saint Jean de la Croix; elle parle la même langue, mais sous une forme accessible à tous", a-t-il relevé.
"Un docteur de 24 ans"
Dans une lettre adressée à Mgr Guy Gaucher, le Père Yves Congar, théologien, déclarait que tant sur le plan de l’orthodoxie de la pensée que sur
ceux de la sainteté et de l’approbation par le magistère, rien ne s’oppose
à ce qu’elle devienne la troisième femme docteur de l’Eglise. Et Mgr
Gaucher de conclure: "Ce n’est pas mettre un sceau sur le passé, mais au
contraire ouvrir une porte d’espérance sur l’avenir que de proposer au monde du XXIe siècle un docteur de 24 ans". (apic/ecl/ap)