Assemblée plénière des évêques de France (311091)
Lourdes, 31octobre(APIC) A travers le discours de clôture de l’Assemblée
plénière des évêques de France, c’est à tous les catholiques que Mgr Joseph
Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférene épiscopale, s’est
adressé. Prêtres, futurs prêtres, laïcs engagés ou simples fidèles, tous
sont d’une manière ou d’une autre concernés par les travaux de la Conférence épiscopale. Au même titre que tous les baptisés qui vivent leur foi dans
une société marquée par le laïcisme, où plus que jamais se pose le problème, voire la nécessité d’une seconde évangélisation.
Au cours de cette rencontre que beaucoup d’évêques se sont accordés à
trouver "fraternelle et riche en échange", "nous nous sommes donnés le
temps de prendre en compte un certain nombre de préoccupations", a déclaré
Mgr Duval. De faire une réflexion sur "les jeunes qui cherchent une route",
sur ceux qui "quittent tout pour consacrer leur vie à l’Evangile", mais
aussi "sur ceux qui se laissent séduire par les sectes". Une réflexion menée avec réalisme, dans un esprit de nouveauté. D’une nouveauté marquée par
l’attrait et la crainte de la différence, et la difficulté de la solidarité
entre les peuples". Mais aussi sous le signe de l’espérance, dans la ferme
conviction de la présence agissante de l’Esprit Saint.
Des chantiers largement ouverts
"Loin de nous enfermer sur l’Europe, le Synode qui débutera à Rome, à la
fin novembre, sera une épreuve de vérité sur notre capacité à dire ensemble
l’apport original de l’espérance chrétienne". L’Europe a ainsi occupé une
place de choix dans les échanges. Autre "chantier" qui la rejoint: l’évangélisation des nouvelles cultures. La culture entendue par les évêques comme: "La manière dont l’homme interprète le monde et l’habite, la vision
qu’il a de l’histoire et la manière dont il entre en relation avec les autres, et enfin la manière dont il habite son corps". Au passage, Mgr Duval
a relevé les aspects de la culture ambiante qui sont mal accordés avec
l’Evangile: l’individualisme et tout ce qui marque la nouvelle religiosité...
Concernant le "chantier" de l’enseignement catholique, Mgr Duval a rappelé que la Conférence épiscopale s’est par trois fois déjà attelée à la
tâche de travailler à un nouveau statut (1970, 1973 et 1978). Ceci n’a rien
d’étonnant si l’on considère que le "système éducatif français va de réforme en réforme". Il est normal que l’enseignement catholique qui en est une
composante, participe à son évolution pour une meilleure survie des jeunes.
Afin que nul ne s’étonne du délai que se sont fixés les évêques pour donner
aux statuts leur forme définitive (mai 1992), Mgr Duval a rappelé que "la
transmission d’une génération à la suivante, tant de ses savoirs que de ses
raisons de vivre, est peut-être le défi le plus important et le plus difficile que notre génération doive relever".
Dans une époque marquée par des conflits ethniques, sociaux, religieux
et politiques, les évêques ne pouvaient pas ne pas prendre en considération
la souffrance et les revendications de millions d’êtres humains. Concernant
les immigrés, Mgr Duval a rappelé que "ce n’est pas en suscitant la défiance ni la peur des étrangers que l’on va construire l’avenir". Il a évoqué
la crise qui touche le monde rural en France comme étant une "crise de société". L’enjeu ultime étant "la construction d’un avenir respectueux des
hommes". Au-delà des frontières de la France, il a évoqué Haïti, le Soudan,
le Liban, l’Irak et le Moyen-Orient. Appelant les chrétiens de cette partie
du monde à "puiser aux sources vives de leur foi" afin de surmonter les antagonismes et de vivre en paix.
En conclusion, le Président de la Conférence épiscopale a lancé un appel
à la solidarité et a appelé les chrétiens à être "les artisans d’un monde
nouveau, en travaillant autant qu’ils le peuvent, à la défense de la personne humaine, à l’avènement d’une plus grande justice pour tous et d’une
authentique liberté, plus que jamais guidées par la lumière de l’Evangile".
(apic/ecl/ap)